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vendredi 4 mars 2011

Le président du Cndd-Fdd, l'Ombudsman et 2 ministres accusés de détournement

L'un des plus hauts dirigeants du parti présidentiel burundais a accusé vendredi le président de son parti, le médiateur de la République et deux ministres d'avoir détourné 13 millions de dollars versés par l'Ouganda au Burundi en 2007 pour apurer une dette.

Sur les ondes de la Radio publique africaine (RPA, privée) Manassé Nzobonimpa affirme s'être rendu en Ouganda courant 2007 pour y récupérer les 13 millions de dollars, en compagnie du président du parti présidentiel, Jérémie Ngendakumana, d'un autre haut dirigeant de la formation Mohamed Rukara, de la ministre des Finances Clotilde Nizigama et du ministre de l'Education de l'époque Saïdi Kibeya.

« Cet argent a été payé mais n'est jamais arrivé dans les caisses de l'Etat », a poursuivi M. Nzobonimpa, jusqu'à présent numéro 3 du Conseil des sages, l'organe dirigeant du Conseil national pour la défense de la démocratie - Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), le parti du président Pierre Nkurunziza.

M. Rukara est aujourd'hui l'Ombudsman (médiateur de la République) burundais, M. Kibeya est devenu ministre des Travaux publics alors que Mme Nizigama a gardé son poste.

« Je demande à la justice d'interpeller ces quatre personnalités car elles ont détourné cet argent et il y a des preuves », a-t-il martelé.

Manassé Nzobonimpa dénonce depuis lundi sur la RPA les agissements d'un « groupe de corrompus » qui gangrènent le parti et étouffent la démocratie au Burundi.

Le président du CNDD-FDD a catégoriquement rejeté ces accusations, reconnaissant s'être rendu avec M. Nzobonimpa en Ouganda à cette époque « mais pour autre chose ».

« Les affaires entre Etats se traitent au niveau de l'exécutif. C'est n'importe quoi de penser que le président d'un parti politique est allé se faire rembourser à la place du gouvernement », a réagi M. Ngendakumana, qui a annoncé « l'exclusion de M. Nzobonimpa du Conseil des sages ».

Le parti présidentiel burundais reproche à M. Nzobonimpa de s’« être exprimé de manière inappropriée et de chercher le déstabiliser » à quelques jours d'un congrès décisif, qui devait avoir lieu début mars.

« Le congrès a été reporté fin mars ou début avril, mais ce n'est pas à cause de ce que raconte M. Nzobonimpa, qui n'a aucune incidence sur le parti », a assuré M. Ngendakumana.

Lundi, M. Nzobonimpa avait également plaidé pour un dialogue inter-burundais devant la résurgence de groupes armés et de violences meurtrières à la suite des élections générales mi-2010 remportées par le parti au pouvoir et dénoncées par l'opposition.

La contestation du processus électoral de l'été 2010 par l'opposition et la multiplication des incidents depuis font planer la crainte d'une reprise des violences au Burundi, pays marqué par une longue guerre civile qui a fait plus de 300.000 morts entre 1993 et 2006.


Source: AFP

mardi 1 mars 2011

Les informations du premier mars 2011

Manassé Nzobonimpa, secrétaire du Conseil des sages du CNDD FDD, continue à pointer du doigt les corrompus cachés dans ce parti au pouvoir.
« C’est une haute trahison pour certains membres du parti CNDD FDD. L’objectif de ce parti alors au maquis a été détourné. » C’est le constat de Manassé Nzobonimpa au regard de la corruption et des malversations économiques qui règnent parmi certains membres du parti CNDD FDD et cela en toute impunité. Pour Nzobonimpa, ces gens s’enrichissent alors que le petit paysan croupit dans la misère. Tout en reconnaissant les efforts du Président Nkurunziza pour améliorer le quotidien du petit citoyen, Manassé Nzobonimpa précise que l’absence de la liberté d’expression peut conduire à la révolte comme ce fut le cas au Maghreb arabe.


Le porte-parole du CNDD FDD réplique par rapport aux propos de Manassé Nzobonimpa.
« Les propos tenus par Manassé Nzobonimpa n’engage que lui. » Déclaration d’Onésime Nduwimana, porte parole du CNDD FDD lors d’une conférence de presse qu’il vient de tenir. Selon lui, Manassé Nzobonimpa s’est attribué la politique du parti à savoir la tolérance zéro à la corruption et aux malversations économiques et a commis une faute grave par la diffusion des documents sans l’autorisation du parti. Onésime Nduwimana indique également que si Manassé Nzobonimpa est pour les négociations avec ceux qui attaquent le Burundi, qu’ils disent l’identité de ces derniers et leur but. Enfin, le porte-parole du parti au pouvoir pense que Manassé Nzobonimpa profite de la tenue prochaine du congrès du parti CNDD FDD pour lancer ces déclarations. Onésime Nduwimana indique que la sanction sera étudiée collégialement.


Des tracts trouvés ce mardi matin à Gitega accusent le président du parti CNDD FDD de cette province de plusieurs délits et demandent sa démission.
Le mouvement de contestation au sein du CNDD FDD commence à atteindre d’autres provinces. A Gitega, des tractes ont été ramassés ce mardi matin. Les auteurs de ces derniers qui se réclament membres du parti CNDD FDD demandent la démission du président du CNDD FDD dans cette province. Il est accusé, selon ces documents non signés des actes de corruption, de divisions ethniques, de ruiner les sociétés de micros finances, de collecter des cotisations chez les hommes d’affaire pour le compte du parti. Contacté à propos, le député Georges Nshimirimana indique que ce sont ses ennemis qui ont fait cela. Chose normale pour lui car tout homme possède des ennemis. Mais les militants du CNDD FDD à Gitega n’ont pas voulu s’exprimer là dessus.


Le président de l’UPRONA réagit au sujet des récentes arrestations des membres de ce parti à Kayanza et à Bujumbura.
Bonaventure Niyoyankana, président du parti UPRONA dément les accusations portées contre lui par Evariste Ngayimpenda, membre du bureau exécutif. Ce dernier accuse le président du parti d’être de mèche avec les services de renseignement pour arrêter certains membres de cette ancienne formation politique. Selon Bonaventure Niyoyankana, c’est dans le travail quotidien des services de renseignements d’interroger des gens et indique qu’il ne songe en aucun cas à emprisonner les gens. Il déclare cela après que trois membres du parti UPRONA aient été arrêtés ce dimanche à Kayanza et un autre dernièrement à Bujumbura. Tous ont été par après relâchés.


Le chef d’Etat Major burundais annonce des progrès dans la protection des vies des soldats burundais en Somalie. « C’est inutile de polémiquer sur les chiffres des militaires burundais morts en Somalie. L’important est que ces derniers accomplissent bien leurs missions. » Propos du Général Major Godefroid Niyombare, chef d’Etat Major de l’armée burundaise lors d’une conférence de presse qu’il a animée ce mardi matin. Ce haut responsable militaire indique que les soldats burundais ont presque réussi à renforcer leurs barrières et à se protéger d’avantage contre les attaques des terroristes. Et en ce qui concerne la sécurité à l’intérieur du pays, le chef d’Etat Major affirme que les militaires burundais ne font pas face à ses bandits armés.


Un corps sans vie non identifié trouvé dans une petite forêt ce mardi matin à Mutimbuzi.
Un cadavre a été découvert ce mardi matin par des enfants et leurs chiens dans le quartier de Mushasha II dans la zone Gatumba de la commune Mutimbuzi en province de Bujumbura. La population de Mushasha et les administratifs à la base n’ont pas pu reconnaître l’identité de cet individu décédé. Saidi Ndikumana, le chef de colline Mushasha II pense que c’est une personne exécutée ailleurs et jetée dans cette localité. Il demande le renforcement de la sécurité par les forces de l’ordre et indique que l’administration va procéder à son enterrement.


Le bruit des armes retentissent à 19h en commune Kanyosha, zone Ruziba. Pas de dégâts humains et matériels enregistrés.
Des coups de feu ont été entendus dans la soirée de ce lundi vers 19h dans le secteur Mukungugu, zone Ruziba commune Kanyosha de la Mairie de Bujumbura. Et c’est au bout de trente minutes que le calme est revenu. D’après les sources sur place et les autorités de cette localité, il n’y a pas eu de dégâts matériels et humains mais la population a eu peur. Et selon elle, les coups de feu provenaient de la position policière de Mukungugu et les policiers agissaient sous l’effet de l’alcool. Chose courante comme le confirme également les autorités administratives. Le responsable de cette position policière n’a pas voulu s’exprimer sur cette situation et indique qu’il n’a pas entendu le bruit des armes.


Arrestation ce lundi soir d’un homme en possession d’une grenade et accusé également de vouloir tuer une cabaretière du coin dans la ville de Kayanza .
Un ancien démobilisé du nom de Jean de Dieu Ahishakiye appréhendé hier lundi vers 19h au centre provincial de Kayanza en possession d’une grenade. Il est accusé d’avoir voulu tuer la responsable d’un bistrot local en compagnie d’un autre homme qui a pu s’échapper. Cette femme du nom d’Odette Nyabenda a été avertie par son informateur et a appelé la police. Et ce n’est pas la première fois qu’elle est agressée et l’année passée, elle a été grièvement blessée par deux grenades lancées dans son cabaret. Cet homme arrêté reconnait posséder une grenade mais réfute l’intension de tuer la cabaretière. Il est actuellement détenu au cachot de la commune Kayanza.


La population de Carama à Kinama se dit malmenée par une bande de jeunes qui assure la sécurité du chef de leur quartier.
Des jeunes soupçonnés d’appartenir aux Imbonerakure du CNDD FDD assurent la protection du chef de quartier CARAMA de la commune urbaine de Kinama en Mairie de Bujumbura. Ils sont accusés de malmener la population de ce quartier. Pour le chef de quartier de Carama, ce que dit la population n’est pas du tout fondé car celui qui est régulièrement attaqué et accuse certains politiciens comme Agathon Rwasa et Alexis Sinduhije d’envoyer des gens pour l’attaquer. Il dit avoir refusé l'établissement d'un poste de police dans ce quartier car, pour lui, la sécurité dans cette localité est assurée.


Ceux qui s’attribuent les terres domaniales par abus du pouvoir doivent être combattus selon le ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement.
La Brigade spéciale anti-corruption et l’Inspection générale de l’Etat sont interpellées par le ministre ayant l’Environnement et l’Aménagement du territoire dans son attribution pour traquer tous ceux qui s’accaparent ou s’attribuent des terres domaniales en se basant sur leurs fonctions. Personne n’est au dessus de la loi et la tolérance zéro s’applique à tout le monde selon Jean Marie Nibirantije, ministre de l’Eau, Aménagement du territoire et de l’Environnement qui s’exprimait au cours d’une conférence de presse tenue ce lundi.


L’Association des Motards du Burundi s’impatiente quant à leur prochaine autorisation de circuler librement.
Les motards s’inquiètent de la lenteur de la Commission mise en place par l’Ombudsman pour régler leur problème de liberté de circuler. Pour ces motards, cette commission traine les pieds. Gérard Nijimbere, secrétaire général de l’Association des Motards du Burundi demande que cet organe redouble d’efforts car, pour lui, les motards respectent jusqu’à présent les recommandations convenues. Contactez à propos, le président de cette commission promet de réagir ultérieurement.



Source: RPA

lundi 28 février 2011

Burundi: un dirigeant dénonce la corruption au sein du parti présidentiel

Un des plus hauts dirigeants du parti présidentiel burundais a dénoncé lundi les agissements d'un "groupe de corrompus" qui gangrènent le parti et étouffent la démocratie au Burundi, dans une interview accordée à la radio privée RPA.

Manassé Nzobonimpa est un des 12 membres du Conseil des sages, l'organe dirigeant du Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (Cndd-FDD), présidé par le chef de l'Etat Pierre Nkurunziza.

"Des personnes engagées dans la corruption et les malversations économiques - dont certains ont de hautes fonctions au sein du parti - ont arrêté des stratégies pour empêcher les +Bagumyabanga+ (vrais militants) du parti de prodiguer des conseils pour réanimer le système dirigeant", a accusé M. Nzobonimpa, une personnalité très influente et respectée au Burundi.

Il s'agit d'un "groupe de personnes qui sabotent l'économie nationale, perturbent de paisibles dirigeants en les faisant limoger de leurs fonctions" et ont institué, sous couvert de "mobiliser des cotisations" pour le parti, un système de racket, a-t-il accusé.

M. Nzobonimpa a également dénoncé "la peur et loi du silence qui règnent au sein du parti présidentiel".

"Pour sauver notre démocratie étouffée par une poignée de gens, les Bagumyabanga s'engagent à unir leurs efforts pour bannir à jamais les suspicions, la chasse à l'homme, la culture de la haine, les chantages et les montages" qui rongent notre parti, a-t-il lancé.

La déclaration de M. Nzobonimpa, soutenu par un "fort courant de rénovateurs" au sein du parti selon des sources concordantes, intervient à quelques jours d'un congrès du parti présidentiel prévu d'ici le 10 mars.

Le haut responsable plaide par ailleurs pour un dialogue inter-burundais devant la résurgence de groupes armés et de violences meurtrières à la suite des élections générales mi-2010 remportées par le parti au pouvoir et dénoncées par l'opposition.

"Au lieu de sacrifier d'autres vies humaines alors que le mobile de ces tueries a une connotation politique liée au refus des résultats des dernières élections, nous trouvons que les négociations inter-burundaises sont incontournables", a-t-il martelé.

"Pour rétablir la paix au Burundi, seules des négociations politiques devraient être privilégiées", a insisté l'ancien commandant rebelle hutu.

Selon lui, les injures et le refus de négocier qui ont longtemps caractérisé l'ancien pouvoir dominé par la minorité tutsi et contre lequel le Cndd-FDD a combattu "n'ont servi à rien".

La contestation du processus électoral de l'été 2010 par l'opposition et la multiplication des violences font planer la crainte d'une reprise des violences au Burundi, pays marqué par une longue guerre civile qui a fait près de 300.000 morts entre 1993 et 2006


Source: AFP