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vendredi 19 mars 2010

Actualité burundaise du 19 Mars 2010

- Gouvernance :
1. Le ministre de la sécurité publique a abrogé l’ordonnance qu’il avait signé portant hausse des coûts des permis de conduire et des laissez-passer. Dans un point de presse de ce 19 mars, le ministre Alain Guillaume BUNYONI a indiqué que ce n’est que partie remise parce que les prix doivent changer. Il précise avoir renvoyé ces propositions au service technique afin d’étudier les prix. Le ministre de la sécurité publique a également attesté que la sécurité est bonne sur tout le territoire national ; (Radio Nationale, RPA, Isanganiro, Bonesha FM, Rema FM)

2. Les députés ont appelé le ministre de la sécurité publique à revoir sa décision au risque de se voir sanctionné par le parlement. Le député Léonard NYANGOMA affirme que cette révision des prix est contraire à la loi budgétaire de 2010. Certains députés du parti au pouvoir avaient, eux aussi, protesté cette révision à la hausse des prix du passeport et des permis de conduire. Le parti Sahwanya-Frodebu, quant à lui, a exhorté le président de la République à démettre le ministre Alain Guillaume BUNYONI. Le parti Frodebu estime que cette décision est un coup de force contre le parlement. Les partis FNL et MSD avaient également recommandé au président de la République d’annuler cette ordonnance du ministre de la sécurité publique ; (RPA, Isanganiro, Bonesha FM)

3. Le président du conseil d’administration de la SOSUMO affirme que le ministère du commerce ne peut en aucun cas annuler une décision prise par le conseil d’administration car la loi ne lui confère pas de tutelle. Dans une conférence de presse de ce 19 mars, Jean SINDAYIGAYA a précisé que la SOSUMO est une société mixte, elle ne rend compte qu’à l’actionnaire Etat ; (Rema FM)

- Politique : Le drapeau du parti Uprona a été descendu et volé à Muyange en commune de Gihanga (province de Bubanza). Les voleurs ont également pris son support et ils n’ont pas été identifiés. Le représentant de l’Uprona à Bubanza déplore ce comportement. Il pointe du doigt le directeur de l’école primaire de cette localité, partisan du CNDD-FDD, parce qu’il lui avait demandé à maintes reprises de déplacer ce drapeau ; (Isanganiro, Bonesha FM)

- Travail : Les agents chargés de faire la saisie et l’archivage des listes d’inscription au rôle d’électeur ont fait une grève depuis ce 18 mars. Ils réclamaient le paiement de la 1ère tranche de leur salaire. Prosper NTAHOGWAMIYE, chargé de la communication à la CENI , précise que le paiement a commencé aujourd’hui à 11 heures, ces agents ont donc repris le travail. Il explique que ce retard a été dû aux longues procédures de paiement du PNUD ; (Radio Nationale, RPA, Isanganiro, Bonesha FM)

- Sécurité : Un vieillard a été abattu à l’aide d’une houe dans la nuit du 18 mars à Ntega en province de Kirundo. La victime était accusée de sorcellerie mais les voisins attestent que ce meurtre serait lié aux conflits familiaux. Trois suspects ont été arrêtés ; (Radio Nationale, Isanganiro, Bonesha FM)
- Commerce : Les vendeurs de petits poissons secs, Ndagala, au marché central de Bujumbura se plaignent, ils indiquent que les responsables de la SOGEMAC ont vendu leurs places et ils les envoient au marché de Ruvumera. Le représentant de ces vendeurs affirme que la SOGEMAC aurait été corrompue. Il précise que cette place leur appartient, certains viennent même d’y passer plus de 20 ans. Ces vendeurs refusent catégoriquement d’aller au marché de Ruvumera ; (Radio Nationale, Bonesha FM, RPA, Rema FM)

- Education : Certains élèves du lycée de Buterere en Mairie de Bujumbura ont lancé des pierres à leurs camarades de la 7ème et 8ème année qui s’apprêtaient à passer l’examen alors qu’il y a grève des enseignants. Ces élèves s’insurgent contre le fait que certaines classes passent les examens et d’autres non. La police est intervenue pour calmer la situation. La directrice de cette école explique que les examens passés sont des enseignants qui ne sont pas en grève. Toutefois, elle a décidé de suspendre ces examens de peur que la situation ne dégénère ; (Radio Nationale, Isanganiro)

- Développement : Le président de la République a effectué ce 18 mars une visite à Gitobe et Busoni de la province de Kirundo. Le président Pierre NKURUNZIZA a distribué des plants d’arbres fruitiers et du matériel aratoire ainsi que des ustensiles de cuisine. Le gouverneur de la province de Kirundo a exhorté les autres personnes à leur venir en aide. (Radio Nationale, Rema FM)
Radio Nationale (92. 9 FM)

- Education : Les enseignants du primaire et du secondaire du secteur public peuvent reprendre le travail bientôt. Marie Chantal NAHISHUBIJE, présidente du SLEB, indique qu’une rencontre des responsables des syndicats promoteurs de cette grève et le ministre de la fonction publique est prévue dans l’après midi de ce 18 mars. Ils vont discuter sur une éventualité de reprise du travail après la mise en place d’une équipe de médiation. Cette équipe est composée par l’ancien président Sylvestre NTIBANTUNGANYA, Zénon NICAYENZI et Pancrace NDABATINYE, tous du conseil national des Bashingantahe ;

- Politique : Les préparatifs des différents scrutins de 2010 vont bon train, affirme la délégation de l’Union africaine en visite au Burundi. Cette délégation a pour mission l’étude et l’évaluation pré électorale. Cette délégation a été reçue ce 19 Mars par le président du sénat, Gervais RUFYIKIRI ;

- Gouvernance : Il se remarque durant quelques temps un manque de passeports de service. La Police de l’Air des Frontières et des Etrangers (PAFE) indique que cette rupture de stock a été causée par une forte demande de ces passeports due au départ des militaires dans des missions de maintien de la paix.
RPA (93.7 FM)
- Justice : Les enquêtes sur la mort de Ernest MANIRUMVA stagnent avec tout ce que cela comporte comme corollaires. A part les 10 personnes emprisonnées pour raison d’enquête, d’autres sont tuées ou subissent des tentatives d’assassinat voire portées disparues. Des observateurs estiment qu’une seule piste serait sérieuse dans cette affaire. Il s’agit de l’emprisonnement du directeur de la prison de Rutana qui a été récemment arrêté pour avoir transféré à la prison de Mpimba un prévenu à l’insu de la commission d’enquête. Cette piste pourrait mener à la personne qui a demandé le transfert de ce prévenu. Mais aussi, les pistes concernant l’assassinat d’un officier de police en commune Cibitoke en 2009 et la tentative d’assassinat du policier surnommé NDAKUGARIKA ne sont pas à négliger.
Isanganiro (89.7 FM)

- Politique :
1. Le président du parti FNL demande que Serges NDAYIRAGIJE soit reconduit dans ses fonctions de directeur d’agriculture à la SOSUMO. Selon Agathon RWASA, la révocation de cette personnalité est purement politique. Malgré que le ministre du commerce ait annulé son limogeage, Serges NDAYIRAGIJE n’a pas encore rejoint sont poste d’attache parce que son domicile est encerclé par des forces de l’ordre. Signalons que Serges NDAYIRAGIJE est du parti FNL ;

- Malversation : L’OLUCOME dénonce l’utilisation abusive des véhicules de l’Etat par le parti au pouvoir. Gabriel RUFYIRI indique que le parti CNDD-FDD prévoit d’utiliser ce week-end la quasi-totalité des véhicules de l’Etat a des fins politiques. Les hauts cadres et les fonctionnaires de l’assemblée nationale ont déjà eu des ordres de mission afin qu’ils fassent des descentes dans différentes communes avec des voitures de service et du carburant de l’Etat ;

- Sécurité : Les habitants de la province de Bubanza craignent pour leur vie parce que les militaires quittent leurs positions pour rejoindre les casernes. Ils croient que la criminalité et les vols vont se multiplier. Néanmoins, les responsables militaires tranquillisent, ces militaires vont progressivement être remplacés par d’autres.


Bonesha FM (96. 8 FM)

- Gouvernance : La population grogne après la mesure du ministre de la sécurité publique de revoir à la hausse les pris des permis de conduire et les laissez-passer. Certains habitants de la Mairie de Bujumbura interviewés ont exhorté le ministre Alain Guillaume BUNYONI à revenir sur sa décision pour l’intérêt de la population burundaise vivant déjà dans la misère ;

- Travail : Le conseil d’administration de l’Institut des Sciences Agronomiques du Burundi (ISABU) affirme ne pas comprendre la décision de démissionner prise par Denis BANDUSHUBWENGE, directeur technique de cet institut. Cette démission a été motivée par la réintégration au service du chercheur Benjamin BARUTWANAYO. Ce dernier est accusé de détournement des intrants agricoles de l’ISABU évalués à un million six cent mille francs burundais. Gérard RUSUKU, président du conseil d’administration de l’ISABU, précise que le prévenu n’a pas été acquitté, les enquêtes continuent.
Rema FM (88.6 FM)
- Développement : La 2ème phase des études sur le chemin de fer qui reliera trois pays de la communauté est africaine à savoir le Burundi, le Rwanda et la Tanzanie va bientôt être entamée. Ces études qui détermineront la période de construction sont en cours. Jean Bosco BAREGE, chef de cabinet au ministère chargé des affaires de la communauté est africaine, affirme que ce projet présente des profits directs sur les membres de cette communauté. Notons que ce projet va être financé par la communauté internationale ;

- Sécurité : Une femme habitant Cahi en commune Mwumba de la province de Ngozi a été tuée par son mari dans la matinée du 19 mars. Le meurtrier est incarcéré.

Le Département d'Etat des Etats-Unis s'inquiète de la violation des droits de l'homme au Burundi

Washington, DC, 2010-03-18 (Département d'Etat (USA)) -

Rapport des droits humains de 2009 : Burundi

Source: Département d’Etat des Etats Unis.

Bureau de la Démocratie, des Droits Humains et du Travail

http://www.state.gov/g/drl/rls/hrrpt/2009/af/135941.htm

Extrait, traduit de l’Anglais par

Burundi Réalité.




Le palmarès du gouvernement en ce qui concerne les droits de l’homme est demeuré pauvre.

Les forces de sécurité du gouvernement ont continué à commettre de nombreux abus sérieux des droits de l'homme, y compris des massacres et des passages à tabac des civils et des détenus avec ample impunité. Les problèmes de droits de l'homme ont également inclus les vigiles civils armés et le règlements de comptes personnels, le viol des femmes et des filles, l’emprisonnement et la détention dans des conditions insupportables, l’arrestation et la détention arbitraires et sans jugement; le manque de l'indépendance et d'efficacité juridiques, la corruption juridique, la détention et emprisonnement des prisonniers politiques, les restrictions à la liberté de parole, à l'assemblée, et à l'association, particulièrement pour les partis politiques. La violence et la discrimination domestiques et sexuelles contre des femmes sont aussi demeurées des problèmes sérieux.

La privation arbitraire ou illégale de la vie

Les médias locaux ont rapporté les nombreux cas dans lesquels des forces de sécurité ont été identifiées ou fortement suspectées d’avoir tué des civils illégalement.

Torture et tout autre traitement ou punition cruel, inhumain, ou dégradant

La constitution et la loi interdisent de telles pratiques ; cependant, l'ONU, les ONG’s domestiques et internationales telles que Human Rights Watch (HRW), la Ligue Iteka et APRODH ont signalé que les membres des forces de sécurité ont souvent battu ou brutalisé des civils et des détenus dans les prisons et les centre de détention. Les conditions des prisons sont demeurés durs et parfois représentant un danger pour la vie avec un surpeuplement grave et persistant. En juin APRODH a signalé que 10.636 personnes ont été tenues dans 11 établissements bâtis pour un maximum de 4.050. Plus de 6.700 des prisonniers n'avaient pas été jugés. Selon des fonctionnaires du gouvernement et des observateurs de droits de l'homme, les prisonniers ont souffert de la malaria et des maladies digestives, et certains sont morts de maladie.

Arrestation ou détention arbitraire

Rôle de la police et de l'appareil de sécurité

Les membres des forces de sécurité ont été mal formés. La corruption, la négligence des limites sur la détention, et le traitement des prisonniers et des détenus sont demeurés des problèmes. Une unité d'affaires intérieures dans la force de police a étudié des crimes commis par la police, mais la punition de ceux trouvés responsables était rare. La mission des Nations Unies au Burundi (BINUB) et les O.N.G.s ont fourni une formation sur les droits de l'homme à la police. L'impunité et le manque de responsabilité pour des membres des forces de sécurité qui ont commis des abus de droits de l'homme sont demeurés des problèmes.

Déni de jugement public équitable

Bien que la constitution et la loi prévoient un ordre judiciaire indépendant, l'ordre judiciaire n'était pas indépendant de la branche exécutive, était inefficace, et a été entravé par la corruption. L'interférence politique a sérieusement compromis l’impartialité du système judiciaire.

Liberté de parole et de presse

La constitution et la loi prévoient la liberté de parole et de la presse. Cependant, le gouvernement généralement n'a pas respecté ces droites dans la pratique. Le gouvernement ne tolère pas la critique publique, en particulier ce qui est perçu comme insultes au président et d'autres hauts dans les médias ou les rassemblements publics. Bien que la législation contrôlant les rassemblements politiques ait été abrogée en novembre 2008, des réunions de l'opposition continuent à être surveillées et parfois perturbés par le gouvernement.

Liberté d'Assemblée et d'association paisibles

Les O.N.G.s locales ont rapporté que la Police Nationale, le Service National de Renseignement, Ministère de l'Intérieur, et la jeunesse du parti au pouvoir (Imbonerakure) ont été impliquées dans la répression des partis d'opposition.

Liberté d'association
Élections et participation politique
Des sources multiples ont indiqué que le CNDD-FDD a permis à son aile de la jeunesse, les Imbonerakure, de commettre des abus, tels que menacer et assaillir des membres des partis d'opposition, avec l'impunité due à son affiliation avec le parti au pouvoir.

Corruption officielle et transparence du gouvernement

La corruption répandue dans les secteurs publics et privés et une culture d'impunité sont demeurées des problèmes. Cela a été rapporté par plusieurs représentants crédibles du secteur privé et des représentants de la société civile.

jeudi 18 mars 2010

La socialisation politique des mouvements des jeunes au sein des partis politiques est une urgence

Au fur et à mesure que les élections s’approchent, l’on observe parallèlement une montée lente de la violence entre les jeunes des partis politiques concurrents. Ces affrontements se sont passés dans le Nord du pays entre les jeunes du CNDD-FDD et ceux du Frodebu, et cette semaine passée, des affrontements sanglants ont opposé ceux du FNL contre ceux du CNDD-FDD à Carama en commune urbaine de Kinama. Cette violence se passe après de maints avertissements de la société civile qui a dénoncé des sports collectifs des jeunes affiliés au Parti qui est au pouvoir, chose que même le Président de la République a banalisé en encourageant plutôt ces sports de masse qui renforcent la bonne santé des membres des partis politiques « pourvu que ces sports ne violent pas la loi ». Mais, pour des personnes averties comme les observateurs de la société civile, ces sports cachaient une volonté non avouée d’intimidation, ce qui a poussé quelques partis politiques d’opposition de lancer à leur tour leurs jeunesses dans la rue « pour faire le sport ». Nulle part dans les textes régissant le Parti Cndd-Fdd n’est mentionné le nom des « inkona » comme le qualificatif d’un de ses mouvements, le Président du Parti Jérémie Ngendakumana nie cela catégoriquement, mais les opposants et la société civile, eux, décortiquent une corrélation entre ce club « inkona » et les jeunes affiliés au mouvement des « Imbonerakure » du Cndd-Fdd.
Quoiqu’il en soit, ce qui se passe aujourd’hui risque de donner raison à ceux qui dénoncent ces sports, à voir la violence qui commence à caractériser ces jeunesses qui trahissent une lacune dans leur socialisation politique, celle-ci poussant à écarter le recours à la violence comme mode de conquête ou de sauvegarde du pouvoir. Etant donné que la société civile s’est activée dans la formation de ses membres réunis dans les associations d’une part et que le peuple est mûri par l’expérience douloureuse de la guerre d’autre part, il sera sans doute ridicule pour un parti politique qui pensera à l’apologie de la violence pour arriver à ses fins. A coup sûr, ce parti sera sanctionné par la vois des urnes.
Ce qui s’est passé à Carama s’était plus d’une fois passé ailleurs sous d’autres formes. Avant, c’était la Police locale qui empêchait, sous l’ordre du Ministère de l’Intérieur, l’ouverture des permanences des Partis politiques en particulier l’UPD et le FNL. Cela s’est déroulé en communes urbaines de Musaga et de Buyenzi. Aujourd’hui, au moment où le Ministère de l’Intérieur devient plus tolérant, ce sont les jeunes des Partis qui s’affrontent, alors, qui est derrière ce jeu d’intolérance politique ? Ce n’est même pas un jeu puisque le sang a coulé à Carama, et des pierres ont été utilisées comme arme de violence. Ce sont des manières d’une autre époque. Il est à rappeler que plus d’une fois, le Président de la République a déclaré que les élections se dérouleront très pacifiquement, c’est un défi ! Que le Gouvernement s’active donc à casser les germes de l’insécurité dans cette phase préélectorale pour éviter que ces promesses ne soient pas des slogans.