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samedi 7 août 2010

Burundi : le chef de l'ex-rébellion hutue, Agathon Rwasa, sort de son silence


Entré en clandestinité depuis quelques semaines, après avoir été « destitué » par des cadres dissidents de son mouvement, le chef historique de l'ex-rébelllion burundaise des FNL, Agathon Rwasa, dans un enregistrement à la presse déclare que « sa destitution est une provocation du pouvoir ». De son côté, le nouveau « président » de la fraction dissidente des FNL, Emmanuel Miburo, a annoncé le 6 août qu’il était prêt à « collaborer le plus largement possible avec le pouvoir pour la concorde et pour la paix ».

Les choses sont allées très vite à Bujumbura. Le 5 août, le gouvernement burundais entérine la destitution de Agathon Rwasa et le lendemain, Emmanuel Miburo, président désigné de la faction des FNL (Forces nationales de libération) proche du pouvoir, a été installé de force dans les bureaux officiels de son parti par la police.

Pour Emmanuel Miburo, l’ex-mouvement rebelle des FNL jusqu’ici chef de file de l’Alliance démocratique pour le changement au Burundi qui conteste les élections dans le pays, est prêt à collaborer avec le parti au pouvoir : « L’ADC, c’est une synergie de partis qui ont échoué, qui ont été vaincus par le parti au pouvoir, le CNDD-FDD (le Conseil national pour la défense de la démocratie - Forces de défense de la démocratie) et nous nous sommes donc retirés de l’ADC ».

Les évènements se sont donc accélérés, ce qui semble avoir poussé le leader historique des FNL, passé dans la clandestinité depuis deux mois, à sortir une nouvelle fois de son silence. Agathon Rwasa, qui se considère toujours comme le président légitime de l’ex-rébellion a lancé un sérieux avertissement au parti au pouvoir qui cherche selon lui, à replonger le pays dans la guerre : « La tenue du congrès du 1er août n’est qu’une provocation. Il n’est on ne peut plus clair, que l’intention du pouvoir est de mettre à la tête du parti des FNL des assassins. Il devrait être conscient des conséquences qui s’en suivront ».

Source: RFI

vendredi 6 août 2010

Burundi : Manœuvres dilatoires visant à garder un journaliste en prison

Manœuvre intentionnelle de maintenir en détention illégale le Directeur de l’Agence indépendante d'information Net Press ?

La société civile s'interroge !

1. Au bout de 14 jours de sa détention à la prison centrale Mpimba, le directeur de l'agence indépendante d'information NetPress Jean Claude Kavumbagu a comparu en audience publique ce vendredi 30 juillet 2010.

2. Les associations signataires de la présente déclaration s'étaient d'emblée réjouies de la rapidité avec laquelle le dossier avait été fixé devant la juridiction compétente qui a pris l'affaire en délibéré pour statuer sur la demande de liberté provisoire introduite par le prévenu et ses Avocats.

3. Néanmoins, les Associations signataires de la présente déclaration ont très rapidement déchanté lorsqu'elles ont appris que le siège du vendredi 30 juillet 2010 avait été irrégulièrement constitué en raison de l'incompétence du président du siège qui avait été promus Conseiller à la Cour d'appel de Bujumbura par ordonnance ministérielle N° 5550/1128 du 28 juillet 2010.

4. De ce fait, le siège de ce jour ne pouvait plus légalement se tenir et instruire le dossier et encore moins, statuer sur la demande de la mise en liberté provisoire de Jean Claude Kavumbagu, étant donné que, suivant les prévisions de la loi, le siège doit obligatoirement comprendre au moins cinq juges. Autrement dit, la régularisation du siège s'impose légalement, ce qui implique une réouverture des débats et une nouvelle instruction du dossier en audience publique

5. Les associations signataires de la présente déclaration se demandent à juste titre si le président du siège n'avait pas encore pris connaissance de sa promotion ou si ses supérieurs hiérarchiques n'en avaient pas été informés pour ne pas constituer un siège irrégulier incapable de connaître d'une quelconque demande dans le cadre de cette cause qui intéresse la liberté de Jean Claude Kavumbagu.

6. En tout état de cause, les associations signataires de la présente déclaration considèrent que le directeur de Net Press, fean Claude Kavumbagu, reste victime des changements de dernière minute intervenus au niveau du siège, la veille des vacances judiciaires du mois d'août, entraînant de facto la prolongation de sa mise en détention illégale.

C'est pour cette raison qu'elles réitèrent les recommandations suivantes :

Au Gouvernement du Burundi de :

- libérer sans conditions Jean Claude Kavumbagu en vertu de l'article 23 de la constitution qui stipule que « nul ne sera traité de manière arbitraire par I'Etat ou ses organes » ;

- garantir l'exercice des droits civils et politiques au Burundi et en particulier pour le cas d'espèce, la liberté d'expression, de pensée, de conscience et d'opinion comme le garantit l'article 31 de la constitution.;

- garantir un procès équitable à Jean Claude Kavumbagu en lui permettant de répondre de ses actes en toute liberté.

A la Magistrature burundaise de :

- de faire preuve d'indépendance quelle que soit la nature des dossiers à instruire;

- de permettre que la cause du directeur de Net Press soit entendue équitablement et qu'il soit jugé dans des délais raisonnables (article 38 de la constitution)

A la Communauté Internationale :

- de continuer à suivre de près la situation des droits de l'homme au Burundi et à user de leur influence pour amener les autorités politiques et judiciaires à respecter les instruments internationaux et régionaux de protection des droits de la personne ratifiés par l'Etat du Burundi.

Associations signataires

Burundi : le pouvoir entérine la "destitution" du leader des FNL

Le ministre burundais de l'Intérieur a entériné la "destitution" du chef des Forces nationales de libération (FNL, opposition), Agathon Rwasa, intervenue lors d'un récent congrès d'une frange dissidente de ce parti soutenue par le pouvoir.

Dans un courrier adressé jeudi au successeur désigné de M. Rwasa, Emmanuel Miburo, le ministre de l'Intérieur "prend acte" des résolutions de ce congrès et reconnaît M. Miburo comme le "représentant légal du parti FNL".

"Je vous souhaite plein succès" dans votre nouvelle mission, poursuit le ministre Edouard Nduwimana.

Dimanche, des cadres dissidents des FNL, travaillant tous dans des institutions gouvernementales, avaient organisé un "congrès extraordinaire" à Bujumbura, qualifié de "mascarade commanditée par le pouvoir" par les proches de M. Rwasa.

Le leader historique de la rébellion des FNL devenue parti politique courant 2009 est entré en clandestinité peu après la tenue des élections communales le 24 mai, entachées de fraudes massives selon l'opposition.

Interrogé jeudi, le vice-président des FNL Alfred Bagaya a dénoncé "un coup de force orchestré par le parti au pouvoir".

"Ni le pouvoir, ni aucune institution légale, personne ne peut décider qui sont les leaders d'un parti à la place de ses militants", a-t-il poursuivi, excluant tout retour à la lutte armée.

"Notre champ de bataille, c'est le terrain politique", a-t-il martelé.

Pour un diplomate en poste à Bujumbura et qui a requis l'anonymat, "cela signifie que le pouvoir vient de déclarer Agathon Rwasa hors-la-loi et qu'il n'est plus son interlocuteur".

"Cela va radicaliser Rwasa encore un peu plus et le pousser probablement à reprendre les armes, mais le gouvernement se sent plus fort que jamais et ne s'en inquiète pas", a-t-il ajouté.

Il s'agit de la cinquième tentative de destitution du leader des FNL en cinq ans.

Le Burundi traverse une crise politique depuis l'élection communale du 24 avril, remportée très largement par le parti au pouvoir et dont les résultats ont été contestés par l'opposition qui a dénoncé des fraudes massives. Les attaques à la grenade et les assassinats ciblés se sont multipliés depuis.

La présidentielle de juin a été remportée par le président sortant Pierre Nkurunziza, seul candidat en lice. Son parti a ensuite remporté les législatives et les sénatoriales.

Source: AFP