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jeudi 7 octobre 2010

Burundi : des civils retrouvés morts après leur arrestation par la police

Deux civils, militants d'un parti d'opposition, ont été retrouvés morts après leur arrestation par la police dans le nord-ouest du Burundi, et une troisième personne interpellée au même moment est toujours portée disparu, a-t-on appris de sources concordantes mercredi.

"Trois civils qui se rendaient à Buganda dans la province de Cibitoke (Nord-Ouest) ont été arrêtés par la police samedi vers 20H00 en compagnie de trois personnes qui les avaient hébergés pour la nuit", a déclaré le président de l'Association pour la protection des personnes détenues et les droits humains (Aprodeh), Pierre Claver Mbonimpa.

"Ces trois derniers ont été relâchés, (...), et nous étions sans nouvelle des trois voyageurs, jusqu'à ce que deux cadavres soient retrouvés et formellement identifiées par leurs familles", a indiqué à la presse M. Mbonimpa.

Ces arrestations ont été confirmées par des membres de leur famille, qui ont assuré que le chef de la police de Cibitoke n'a pas pu leur indiquer où étaient détenues ces personnes.

Les cadavres de Jules Ndikumana et Sylvestre Manirakiza ont été retrouvés respectivement mardi et mercredi à l'embouchure de la rivière Rusizi, qui se jette dans le lac Tanganyika, en périphérie Nord-Ouest de Bujumbura. Paul Ndikumana est toujours porté disparu, selon les mêmes sources.

Sylvestre Manirakiza, un handicapé de guerre démobilisé des ex-rebelles des Forces nationales de libération (FNL) avec le grade de major, ainsi que ses deux compagnons étaient des militants du parti FNL issu de l'ex-rébellion.

"Nous demandons à l'administrateur (maire) de Buganda et au commissaire de police de Cibitoke de dire ce que sont devenus leurs prisonniers car ces gens ont été victimes de meurtres", a accusé M. Mbonimpa.

"J'ai rencontré le commissaire de police lundi et il m'avait assuré que ces trois personnes avaient été libérés le même soir, (...). Je ne comprends pas moi-même ce qui se passe", a réagi le gouverneur de Cibitoke, Simon Bizimungu, joint par téléphone mercredi.

Quatorze cadavres, certains mutilés et ligotés, avaient été découverts récemment au même endroit, l'embouchure de la Rusizi, et quatre d'entre eux avaient déjà été identifiés comme appartenant à des démobilisés ou des militants des ex-rebelles des FNL, selon l'Aprodeh.

Au moins sept détenus, membres du parti FNL, sont toujours portés disparus, a précisé l'association.

Au moins 14 civils avaient également été tués la semaine dernière dans les marais voisins de la Rukoko. Ces attaques ont été attribuées par les autorités à "des bandits armés non identifiés".

Cette série de meurtres semble toutefois confirmer des rumeurs persistantes sur la présence de nouvelles poches de rébellion dans les marais de la Rukoko et dans la forêt primaire de la Kibira, qui court du nord au centre du Burundi.

Le Burundi sort d'une guerre civile qui a fait plus de 300.000 morts


Source: AFP

mercredi 6 octobre 2010

Burundi : quatrième départ prématuré d’un représentant de l'ONU


Le représentant de l'ONU au Burundi Charles Petrie a annoncé sa démission hier au cours d'une réunion du personnel du Bureau intégré des Nations Unies au Burundi (Binub) dont le mandat s'achève le 31 décembre 2010, a-t-on appris de sources onusiennes aujourd'hui.

"Le représentant du secrétaire général de l'ONU au Burundi en a fait l'annonce au cours d'une réunion générale du personnel hier après-midi. Il a d'ailleurs précisé qu'il démissionnait du système des Nations Unies pour une mission en Somalie en vue d'appuyer le gouvernement de ce pays", a affirmé le porte-parole du Binub, Amadou Ousmane.

"Il a démissionné pour continuer un travail qu'il avait déjà commencé dans ce pays, juste avant d'être à la tête du Binub", a-t-il poursuivi.

"M. Petrie part notamment parce que la mission du Binub touche à sa fin car il (le Binub) va fermer ses portes le 31 décembre 2010, pour être remplacé par une petite mission politique à partir de 2011", a indiqué par ailleurs un responsable onusien, sous couvert d'anonymat.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait nommé ce Franco-britannique de 50 ans à la tête du Binub en mars 2010, en remplacement du Tunisien Youssef Mahmoud, dont le gouvernement burundais avait officiellement exigé le remplacement fin décembre 2009, l'accusant d'être proche de l'opposition.

En août 2006, Bujumbura avait déjà demandé le rappel de son prédécesseur, Nourreldine Satti, accusé lui aussi d'être proche de l'opposition, quelques mois après avoir fait de même avec Carolyn Mc Askie, ancienne n°1 de l'Opération de l'ONU au Burundi (Onub).

Le Binub a été créé fin 2006, en remplacement d'une force de paix de l'ONU de plus de 5.000 hommes. Il devait notamment appuyer l'organisation des élections générales de juin 2010 pour permettre le déroulement "d'une consultation libre, régulière et pacifique", selon son mandat.

Le Burundi vient d'organiser un marathon électoral qui a vu la victoire du président sortant Pierre Nkurunziza et de son parti, le Cndd-Fdd, à tous les scrutins. Cette victoire a été avalisée par la communauté internationale malgré les accusations de fraude massive de l'opposition burundaise qui s'est retirée de tout le processus.

M. Petrie a travaillé pendant 20 ans pour différentes agences des Nations unies, dans les domaines du maintien et de la consolidation de la paix, de la prévention des conflits et de l'assistance humanitaire.

Juste avant sa nomination au Burundi, il était le représentant spécial adjoint du secrétaire général pour la Somalie.


Source: AFP

samedi 2 octobre 2010

Burundi : RSF dénonce l’acharnement l’encontre des journalistes de la RPA

Reporters sans frontières dénonce l’acharnement des autorités burundaises à l’encontre des journalistes de Radio Publique Africaine (RPA), station associative liée au principal parti d’opposition Mouvement pour la solidarité et le développement (MSD). Au cours des dernières semaines, l’organisation a recensé plusieurs tentatives de déstabilisation pour le moins préoccupantes.

La stigmatisation de RPA par le gouvernement burundais et la multiplication des arrestations de ses membres sont inacceptables. Nous craignons que ces mesures de rétorsion ne se concluent par la fermeture définitive de la station. Fondée par l’ancien journaliste et candidat à l’élection présidentielle, Alexis Sinduhije, principal initiateur du MSD, et considérée par le pouvoir comme la voix du parti d’opposition, la radio subit les conséquences des tensions politiques faisant suite aux consultations électorales de l’été dernier.

Arrestations en cascade

Depuis plus de quinze jours, le responsable du parc automobile de Radio Publique Africaine, Faustin Ndikumana, est détenu dans les cachots des services de renseignements à Bujumbura. Convoqué pour s’expliquer sur l’origine d’un véhicule dans lequel il a été arrêté, l’employé de la radio a été placé en détention provisoire deux jours plus tard. Il comparait devant le parquet de la mairie de Bujumbura.

Le 27 septembre 2010, François Nyamoya, porte-parole du MSD et avocat de RPA, a été placé en détention provisoire à la prison centrale de Bujumbura, après seulement quelques heures d’interrogatoire. Son arrestation fait suite à une plainte pour "injures" et "dénonciation calomnieuse" déposée par le chef des services de renseignements. Celui-ci lui reproche de l’avoir qualifié de "voleur" au cours d’une émission politique, le 19 septembre dernier.

Deux autres membres de la station comparaissent, depuis le 29 septembre dernier, devant le parquet de la mairie de Bujumbura. Jean-Marie Vianney Hicuburundi, représentant légal et gestionnaire de la radio, et Alain Ntamagendero, directeur administratif et financier, sont interrogés dans le cadre d’une information judiciaire concernant RPA. Leonce Niyongabo, directeur de l’antenne de RPA à Ngozi (nord du pays), est convoqué aujourd’hui, 1er octobre 2010, toujours dans le cadre d’une information judiciaire.

Tracasseries administratives

Le 22 septembre, en tant que représentant légal de la radio, Jean-Marie Vianney Hicuburundi a reçu une lettre du ministre de l’Intérieur burundais lui demandant de rectifier les erreurs de forme et de fond que contiendrait l’agrément de l’association.

Nous ne comprenons pas les raisons qui poussent les autorités à réclamer, aujourd’hui, une mise en conformité des statuts de la radio. L’agrément a été délivré à cette station associative il y a plus de dix ans et le décret-loi à laquelle les autorités se réfèrent pour la mise en conformité date de 1992. Pourquoi RPA n’a-t-elle jamais été inquiétée sur ce point durant toutes ces années ?

Mise à l’écart

Enfin, les journalistes de RPA sont parfois écartés de certaines réunions publiques. Ainsi, lors d’une conférence de presse donnée le 23 septembre dernier, le président de la République, Pierre Nkurunziza, de retour d’un voyage en Inde, a refusé l’entrée aux journalistes de la radio. Trois autres stations privées (Isanganiro, Bonesha FM et la radio et télévision privée Renaissance) se sont vu également interdire l’accès à ce rendez-vous auquel seuls les médias progouvernementaux ont pu assister.



Source: RSF