Le journal d'analyses qui vous permet d'acceder à l'actualité burundaise de manière objective et professionnelle.

Rechercher dans ce blog

jeudi 22 octobre 2009

Le climat politique "dégradé", l'opposition "vivement préoccupée"

Quatre partis d'opposition du Burundi ont exprimé mercredi leur "vive préoccupation" face à la "dégradation" du climat politique orchestrée selon eux "par un système corrompu et impuni".

"Les (quatre) partis politiques expriment leur vive préoccupation face à la dégradation continue du climat politique et sécuritaire orchestré par un système corrompu et impuni", dans un communiqué.

Le texte est signé du Front pour la démocratie au Burundi (Frodebu), de l'Union pour le progrès national (Uprona), de l'ex-rébellion des Forces nationales de libération (FNL) et du Mouvement pour la paix et le développement (MSD).

Il a été publié à l'occasion de la visite lundi et mardi au Burundi du secrétaire général adjoint de l'ONU chargé du département des Affaires politiques, Lynn Pascoe.

Le parti au pouvoir, le CNDD-FDD, veut "torpiller les élections de 2010" en usant notamment de "l'intimidation et de la violence et de la persécution de citoyens (...)", affirment les quatre partis d'opposition.

Selon ce communiqué, le CNDD-FDD utilise "la restriction illégale des activités politiques des autres formations politiques, l'instrumentalisation des services de sécurité et de la justice, la distribution de cartes d'identité aux seuls membres du parti présidentiel (...)".

L'opposition burundaise se dit par ailleurs "préoccupée par la création, la formation et l'encadrement des milices Imbonerakure (ceux qui viennent de loin, en langue locale kirundi), appartenant au CNDD-FDD, qui sèment la terreur et le désordre dans le pays sous couvert des autorités administratives et politiques au pouvoir".

Enfin, ces formations politiques ont dénoncé ce qu'elles estiment être la main mise du parti présidentiel sur les médias publics qui sont devenus aujourd'hui "une chasse gardée du pouvoir".

Des élections générales (présidentielle, législatives et communales au suffrage universel) sont prévues en 2010 au Burundi, qui tente de sortir depuis 2006 de 13 ans de guerre civile.

Source:AFP

mercredi 21 octobre 2009

Commémoration du 16ème anniversaire du "martyr de la démocratie" au Burundi


Les Burundais ont commémoré mercredi dans le recueillement, le 16ème anniversaire de l'assassinat, à l'occasion d'un coup d'Etat militaire, de l'ancien président démocratiquement élu, Melchior Ndadaye.

L'illustre disparu repose depuis lors au palais du 1er novembre, dans le centre-ville de Bujumbura, où ont eu lieu, en guise de cérémonies commémoratives, des dépôts de gerbes de fleurs par des membres proches de sa famille, ceux du gouvernement et des représentants du corps diplomatique et consulaire, après une messe de requiem en sa mémoire à la cathédrale Regina Mundi de la capitale burundaise.

Le sanglant putsch, de la nuit du 20 au 21 octobre 1993, a également emporté une dizaine de ses proches collaborateurs, dont l'ancien président de l'Assemblée nationale, Pontien Karibwami, son ex-adjoint, Gilles Bimazubute, et d'autres piliers du régime, comme le directeur général de la documentation nationale (service présidentiel du renseignement) à l'époque des faits, Richard Ndikumwami.

Le candidat du Front pour la démocratie au Burundi (FRODEBU) avait pourtant gagné sans équivoque la présidentielle de 1993 sur un score de 64,79% des suffrages exprimés face au président sortant, Pierre Buyoya, de l'Unité pour le progrès national (UPRONA, ex-parti unique, 32,47%) et un outsider d'obédience monarchiste, Pierre Claver Sendegeya (1,44%).

Investi solennellement le 10 juillet 1993, le premier président hutu (ethnie majoritaire au Burundi) démocratiquement élu sera sauvagement assassiné par des bérets rouges de l'armée dominée, à l'époque des faits, par la minorité tutsi, après seulement 102 jours de pouvoir.

Un procès a eu lieu mais n'a permis à ce jour de punir que de simples exécutants du putsch, a-t-on encore déploré impuissant, mercredi, comme à chaque nouvel anniversaire, dans les rangs des compagnons de lutte de feu Ndadaye.

Le coup de force aura pour autre conséquence dramatique des massacres à caractère ethnique ayant fait au moins entre 100.000 et 200.000 morts en trois mois de vacance du pouvoir, selon les estimations des Nations unies.

Par ailleurs, le Burundi n'a pas encore fini de rapatrier les centaines de milliers de ses citoyens qui avaient fui à l'extérieur et à l'intérieur du pays l'insécurité générée par le coup d'Etat.

En outre, il aura fallu 16 ans pour mettre fin à la guerre civile générée par le coup d'Etat à la faveur d'une série de signatures d'accords de cessez-le- feu entre différents régimes qui se sont succédés dans le pays et sept rébellions qui ont, entre temps, pris les armes pour rétablir la démocratie et la justice pour tous au Burundi.

Le retour à une vie démocratique presque normale a eu lieu en 2005 suite aux premières élections générales post-conflit qui ont souri au conseil national pour la défense de la démocratie/forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD, ancienne principale rébellion du pays), à peine sortie du maquis.

Les secondes élections générales post-conflit sont prévues dans la première moitié de l'année 2010.

Un journaliste de la radiotélévision nationale craint pour sa sécurité après avoir reçu des menaces anonymes de mort

Journaliste en danger (JED) exprime ses très vives préoccupations sur la situation sécuritaire d’un journaliste de la radiotélévision nationale, contraint de vivre dans la peur, après avoir reçu des menaces anonymes de mort sur son téléphone portable.

JED demande une fois de plus aux autorités congolaises de qui dépend la sécurité des personnes et des biens, de prendre au sérieux des cas de plus en plus nombreux de menaces qui visent les professionnels des médias à Kinshasa et dans certaines provinces du pays, et de tout mettre en œuvre pour retrouver et sanctionner les auteurs de ces menaces.

En effet, le mardi 20 octobre 2009, JED a reçu le témoignage de Alain BAKAJIKA, journaliste et présentateur de l’émission « Droit et information, droit et société » à la RTNC (Radiotélévision nationale congolaise) faisant état de deux appels répétés de menace reçus le dimanche 18 octobre 2009 dans la soirée sur son téléphone portable à partir du numéro 0990952181.

Selon BAKAJIKA, son interlocuteur qui a refusé de se présenter l’a accusé de soutenir le pouvoir en place dans ses émissions, avant de l’avertir qu’il risquait d’être éliminé physiquement.

BAKAJIKA venait de présenter, dans la matinée, une émission consacrée à la vulgarisation de la devise de la RDC « Justice, Paix, Travail » et au cours de laquelle il avait reçu un magistrat, un avocat et un pasteur.

Les trois invités expliquaient aux téléspectateurs qui intervenaient à l’émission par des SMS l’importance de connaître et de mettre en pratique la devise du pays.

Source: JED