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lundi 24 mai 2010

Burundi : ouverture des bureaux de vote pour les élections communales


Les bureaux de vote ont ouvert lundi matin au Burundi où quelque 3,5 millions d'électeurs sont invités à élire leurs conseillers communaux, un scrutin local à valeur de test national pour les principaux partis du pays, a-t-on constaté sur place.

On a ainsi constaté l'ouverture, dès 06H00 (04H00 GMT), d'un bureau de vote dans le sud de la capitale, devant lequel une soixantaine d'électeurs patientaient dans le calme.

Prévu vendredi, le scrutin avait été repoussé à la dernière minute à dimanche, puis lundi, en raison de difficultés logistiques, avec des bulletins de vote livrés "en quantité insuffisante" et de nombreuses cartes d'électeurs toujours pas distribuées.

Les 3,5 millions d'électeurs sont appelés à désigner près de 2.000 conseillers dans les 129 communes du pays, dont la population estimée à 8,5 millions est à 85% hutu.

Ce scrutin donne le coup d'envoi d'un marathon électoral de plusieurs mois, avec notamment l'élection présidentielle le 28 juin et des législatives le 23 juillet, un processus électoral crucial pour la consolidation de la paix dans ce pays meurtri par 13 ans de guerre civile (1993-2006).

La campagne s'est achevée le 18 mai après deux semaines d'intenses activités partisanes, marquées par des affrontements entre groupes de jeunes et des accusations d'assassinats ciblés entre partis.

Cette première étape électorale a déjà pris des allures de face-à-face entre les deux principaux partis hutu, l'ex-rébellion du Conseil national pour la défense de la démocratie - Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD) du chef l'Etat sortant Pierre Nkurunziza, et l'autre mouvement rebelle des Forces Nationales de Libération (FNL), conduit par Agathon Rwasa.

"La perspective d'une bataille électorale entre groupes politiques rivaux cherchant à gagner le soutien des électeurs hutu pourrait miner l'expérience démocratique burundaise et pousser certains ex-combattants à se battre de nouveau, anéantissant ainsi les acquis récent du processus de paix", mettait en garde récemment le centre de réflexion International Crisis Group.

Le principal parti tutsi, l'Union pour le progrès national (Uprona), tentera de rester le parti numéro un de la minorité tutsi et conserver le poste de vice-président censé revenir à un parti tutsi.

L'Union européenne a déployé sur place la principale mission d'observation électorale, composée de quelque 110 personnes.

Le Burundi a basculé dans une guerre civile particulièrement brutale (300.000 morts) en 1993, après l'assassinat par l'armée, alors dominée par la minorité tutsi, du premier président démocratiquement élu, le hutu Melchior Ndadaye.

La signature d'un accord de paix en 2000 a permis l'élection en 2005 de l'actuel chef de l'Etat par l'Assemblée nationale et le Sénat.

La guerre a ravagé le pays, l'un des plus densément peuplés du continent avec 300 habitants au km2 : 68% de la population vit sous le seuil de pauvreté contre 37% en 1993.

Les Imbonerakure attaquent les journalistes

Le Président de l’Union Burundaise de Journalistes, UBJ en sigle, Alexandre Niyungeko condamne énergiquement la violence contre deux journalistes de la Radio Télévision Renaissance et leurs chauffeurs ce dimanche matin à Ruziba, en Commune urbaine Kanyosha où ils étaient partis pour un reportage.
Des affrontements leur avaient été rapportés depuis la nuit de samedi à dimanche entre les jeunes Imbonerakure du CNDD-FDD et ceux du FNL et qui ont fait deux morts.
« Il est inadmissible de frapper les journalistes au moment où ils sont à la recherche d’une information », a dit Alexandre Niyungeko.

Le président de l’UBJ a indiqué que la violence contre les journalistes intervient alors que leur travail est louable pendant cette période électorale où il est visible qu’ils travaillent professionnellement.

Il interpelle tout le monde à respecter la loi, et aux journalistes de respecter l’éthique et la déontologie de leur métier.

L’équipe des reporters de la Radio Télévision Renaissance a été attaquée à l’arrivée au lieu de reportage. L’équipe était guidée par Saidi Mahangayiko, président du parti Sahwanya-FRODEBU à Kanyosha qui a été aussi frappé.

Il était dans le véhicule de la Radio Télévision Renaissance.

« Nous avons été frappés par les Imbonerakure qui venaient de perdre deux des leurs dans les affrontements qui leur ont opposé aux jeunes du FNL », a dit Saidi Mahangayiko qui s’était réfugié dans les enceintes de la Radio Télévision Renaissance de peur d’être lynché par ces Imbonerakure.

Selon Mahangayiko, des agents du Service des Renseignements avaient poursuivi le véhicule du medium pour arrêter l’arrêter. Toutefois, le Directeur de la Radio Télévision Renaissance, Innocent Muhozi a refusé de livrer Saidi Mahangayiko à ces agents du Service des Renseignements pour des raisons de sécurité. Il l’a plus tard livré aux éléments de la police nationale qui l’ont amené au Bureau Central de Recherche, BCR pour enquête.

La violence contre les journalistes s’accroît au moment où le Burundi est en période électorale. Le premier scrutin [élections communales] est prévu ce lundi 24 mai. L’élection présidentielle est prévue le 28 juin qui sera suivie par celle des députés prévue le 23 juillet. Le quatrième scrutin est celui des sénateurs et est prévu le 28 juillet tandis que le dernier scrutin est celui des collinaires qui se tiendra le 7 septembre.

Source: Burunditribune

dimanche 23 mai 2010

Déclaration conjointe de la COSOME et l’EURAC sur le report des élections communales au Burund

La Coalition de la Société Civile pour le Monitoring Electoral (COSOME) et le Réseau Européen pour l’Afrique Centrale (EurAc) sont préoccupés par le report des élections communales par la CENI, pour des raisons "techniques," au 24 mai 2010, alors qu’elles étaient initialement prévues pour vendredi le 21 mai 2010.

Outre que la nouvelle a été annoncée tardivement, jeudi le 20 mai 2010, soit à moins de 10 heures avant le début du scrutin, ce report a affecté le travail de toutes les parties prenantes au processus électoral et risque de bouleverser le reste du calendrier électoral.

Les deux organisations signataires de la présente déclaration constatent avec regret que :

- certains leaders politiques commencent à tirer des conclusions hâtives sur des velléités de fraude électorale sans preuves suffisantes ou enquêtes réalisées par des institutions habilitées.

- des rumeurs sur la distribution d’armes en vue d’actes de sabotage des élections continuent à être répandues sans que des messages d’apaisement ne soient systématiquement adressés à la population.

- la distribution des cartes d’électeurs a été effectuée dans la précipitation d’où des erreurs ici et là qui ont perturbé les opérations de remise de ces pièces.

Pour toutes ces raisons, les deux organisations soussignées recommandent :

Au Gouvernement

- de renforcer les mesures de sécurité particulièrement en cette période cruciale ;

- De rassurer davantage la population par des messages d’apaisement face à la manipulation et la désinformation qui désorientent la population.

Aux partis politiques

- De préparer leurs militants à participer aux scrutins dans le calme et la sérénité ;

- De privilégier l’esprit d’ouverture et de tolérance auprès de leurs membres en les préparant à accepter le verdict des urnes.

A la CENI et ses collaborateurs

- De tout mettre en œuvre pour respecter le calendrier électoral afin d’éviter des surprises de dernière minute, tout en garantissant la qualité du processus de préparation.

A la population burundaise

- De ne pas céder à la manipulation et aux rumeurs et d’aller voter dans une atmosphère calme et sereine

A la Communauté internationale

- De continuer à suivre de près l’évolution du processus électoral au Burundi

Jean-Marie Vianney KAVUMBAGU Kris BERWOUTS

Président COSOME Directeur EurAc