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jeudi 22 octobre 2009

Communiqué de presse: Kampala : le CICR soutient l'initiative de l'Union africaine visant à relever les défis du déplacement interne


Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) déclare que pour pouvoir s'attaquer au problème du déplacement interne, dans toutes ses dimensions, un énorme effort concerté doit être consenti par chaque État et au plan international. L'institution se félicite de l'engagement pris par l'Union africaine d'aborder cette question sur le continent africain en proposant d'adopter le tout premier Traité international sur la protection et l'assistance en faveur des personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays.

« Les déplacements internes sont un des défis humanitaires les plus redoutables de notre temps, et personne ne niera que l'Afrique est le continent le plus durement touché en nombre de déplacés internes », a déclaré le président du CICR, Jakob Kellenberger, qui participe au Sommet spécial des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine sur les réfugiés, les rapatriés et les déplacés internes, à Kampala (Ouganda), du 22 au 23 octobre. Le sommet a été convoqué afin de relever le défi du déplacement forcé en Afrique.

Le président dira combien il est important de contribuer à prévenir les déplacements, soulignant que le meilleur moyen d'y parvenir pendant un conflit armé, c'est en respectant et protégeant les civils en toutes circonstances. Il rappellera que le déplacement interne résulte souvent de violations du droit international humanitaire ou du non-respect d’autres normes destinées à protéger la population dans des situations de violence, tel le droit des droits de l’homme.

« Il est essentiel de promouvoir l'autonomie des communautés vulnérables en vue de prévenir les déplacements et, là où cela s'avère nécessaire, il faut améliorer la capacité des communautés à accueillir des déplacés internes en renforçant leur capacité à subvenir à leurs besoins essentiels » a dit M. Kellenberger. « À titre d'exemple, le CICR y contribue en fournissant des semences et des outils, en remettant en service des systèmes d'approvisionnement en eau existants et en fournissant des services vétérinaires. »

Le CICR travaille en partenariat avec des Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge dans plusieurs pays africains. En 2008, le CICR est venu en aide à 2,4 millions de personnes – pour la plupart déplacées, ou membres des communautés d'accueil de personnes déplacées – au Soudan, en Somalie, en Ouganda, au Kenya et en République démocratique du Congo. Dans le monde entier, quelque 3,77 millions de personnes déplacées dans 36 pays au total ont bénéficié des activités humanitaires du CICR.

Le climat politique "dégradé", l'opposition "vivement préoccupée"

Quatre partis d'opposition du Burundi ont exprimé mercredi leur "vive préoccupation" face à la "dégradation" du climat politique orchestrée selon eux "par un système corrompu et impuni".

"Les (quatre) partis politiques expriment leur vive préoccupation face à la dégradation continue du climat politique et sécuritaire orchestré par un système corrompu et impuni", dans un communiqué.

Le texte est signé du Front pour la démocratie au Burundi (Frodebu), de l'Union pour le progrès national (Uprona), de l'ex-rébellion des Forces nationales de libération (FNL) et du Mouvement pour la paix et le développement (MSD).

Il a été publié à l'occasion de la visite lundi et mardi au Burundi du secrétaire général adjoint de l'ONU chargé du département des Affaires politiques, Lynn Pascoe.

Le parti au pouvoir, le CNDD-FDD, veut "torpiller les élections de 2010" en usant notamment de "l'intimidation et de la violence et de la persécution de citoyens (...)", affirment les quatre partis d'opposition.

Selon ce communiqué, le CNDD-FDD utilise "la restriction illégale des activités politiques des autres formations politiques, l'instrumentalisation des services de sécurité et de la justice, la distribution de cartes d'identité aux seuls membres du parti présidentiel (...)".

L'opposition burundaise se dit par ailleurs "préoccupée par la création, la formation et l'encadrement des milices Imbonerakure (ceux qui viennent de loin, en langue locale kirundi), appartenant au CNDD-FDD, qui sèment la terreur et le désordre dans le pays sous couvert des autorités administratives et politiques au pouvoir".

Enfin, ces formations politiques ont dénoncé ce qu'elles estiment être la main mise du parti présidentiel sur les médias publics qui sont devenus aujourd'hui "une chasse gardée du pouvoir".

Des élections générales (présidentielle, législatives et communales au suffrage universel) sont prévues en 2010 au Burundi, qui tente de sortir depuis 2006 de 13 ans de guerre civile.

Source:AFP

mercredi 21 octobre 2009

Commémoration du 16ème anniversaire du "martyr de la démocratie" au Burundi


Les Burundais ont commémoré mercredi dans le recueillement, le 16ème anniversaire de l'assassinat, à l'occasion d'un coup d'Etat militaire, de l'ancien président démocratiquement élu, Melchior Ndadaye.

L'illustre disparu repose depuis lors au palais du 1er novembre, dans le centre-ville de Bujumbura, où ont eu lieu, en guise de cérémonies commémoratives, des dépôts de gerbes de fleurs par des membres proches de sa famille, ceux du gouvernement et des représentants du corps diplomatique et consulaire, après une messe de requiem en sa mémoire à la cathédrale Regina Mundi de la capitale burundaise.

Le sanglant putsch, de la nuit du 20 au 21 octobre 1993, a également emporté une dizaine de ses proches collaborateurs, dont l'ancien président de l'Assemblée nationale, Pontien Karibwami, son ex-adjoint, Gilles Bimazubute, et d'autres piliers du régime, comme le directeur général de la documentation nationale (service présidentiel du renseignement) à l'époque des faits, Richard Ndikumwami.

Le candidat du Front pour la démocratie au Burundi (FRODEBU) avait pourtant gagné sans équivoque la présidentielle de 1993 sur un score de 64,79% des suffrages exprimés face au président sortant, Pierre Buyoya, de l'Unité pour le progrès national (UPRONA, ex-parti unique, 32,47%) et un outsider d'obédience monarchiste, Pierre Claver Sendegeya (1,44%).

Investi solennellement le 10 juillet 1993, le premier président hutu (ethnie majoritaire au Burundi) démocratiquement élu sera sauvagement assassiné par des bérets rouges de l'armée dominée, à l'époque des faits, par la minorité tutsi, après seulement 102 jours de pouvoir.

Un procès a eu lieu mais n'a permis à ce jour de punir que de simples exécutants du putsch, a-t-on encore déploré impuissant, mercredi, comme à chaque nouvel anniversaire, dans les rangs des compagnons de lutte de feu Ndadaye.

Le coup de force aura pour autre conséquence dramatique des massacres à caractère ethnique ayant fait au moins entre 100.000 et 200.000 morts en trois mois de vacance du pouvoir, selon les estimations des Nations unies.

Par ailleurs, le Burundi n'a pas encore fini de rapatrier les centaines de milliers de ses citoyens qui avaient fui à l'extérieur et à l'intérieur du pays l'insécurité générée par le coup d'Etat.

En outre, il aura fallu 16 ans pour mettre fin à la guerre civile générée par le coup d'Etat à la faveur d'une série de signatures d'accords de cessez-le- feu entre différents régimes qui se sont succédés dans le pays et sept rébellions qui ont, entre temps, pris les armes pour rétablir la démocratie et la justice pour tous au Burundi.

Le retour à une vie démocratique presque normale a eu lieu en 2005 suite aux premières élections générales post-conflit qui ont souri au conseil national pour la défense de la démocratie/forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD, ancienne principale rébellion du pays), à peine sortie du maquis.

Les secondes élections générales post-conflit sont prévues dans la première moitié de l'année 2010.