L’affaire assassinat d’Ernest Manirumva refait surface à Bujumbura dans les milieux médiatiques. Le parti Sahwanya Frodebu, via son journal l’Aube de la Démocratie accuse le pouvoir de protéger les vrais assassins de cet ancien vice président de l’Olucome, Ernest Manirumva.
Selon le numéro nouvellement publié par ce même parti, certains hauts gradés de la police nationale sont les premiers à avoir planifié cet assassinat. Ce journal pointe du doigt le directeur des services de renseignement Adolphe Nshimirimana, le directeur adjoint de la police nationale, Gervais Ndirakobuca, le colonel David Nikiza et Désiré Uwamahoro.
Dans une interview accordée à la Radio Isanganiro, le porte parole du parti Sahwanya Frodebu Pancrace Cimpaye affirme que les personnes détenues sur cette affaire ne sont pas les vrais coupables. Il regrette que les coupables ne sont pas inquiétés et sont sous la protection du pouvoir actuel. Pancrace Cimpaye dit que ces enquêtes ont été effectuées par son parti Sahwanya Frodebu dans le but de mettre à la lumière certaines zones d’ombre au tour de l’assassinat de Manirumva, considéré comme un mystère jusqu’ici. Le porte parole des service nationale des renseignements contacté par la rédaction de la Radio Isanganiro a nié ces allégation qui surgissent quelques jours avant les élections communales. Il dit ne pas avoir confiance en des propos d’un parti de l’opposition comme le Frodebu. Il trouve que c’est une façon de noircir l’image du pouvoir ces derniers jours pendant que la préparation aux élections bat son plein.
Des sources à notre disposition disent que le porte parole du parti Sahwanya Frodebu serait déjà dans la clandestinité par crainte d’être arrêté par la justice burundaise. S’exprimant sur les ondes de la Radio Publique Africaine, le porte parole du parti Frodebu souligne que le mandat d’arrêt a été libéré dès hier soir par le parquet de la justice de la Mairie de Bujumbura. Il dit qu’il ne pourrait pas se mettre à la disposition de la police car il pouvait être torturé et même tué. Il demande à la justice et à la police de ne pas perdre le temps pour aller faire peur à ses enfants à la maison à la recherche d’une personne qui a déjà quitté le pays. Notons qu’ Ernest Manirumva a été tué dans la nuit du 8 au 9 avril 2009 à son domicile à Mutanga Sud à Bujumbura. Trois commissions ont été successivement nommées pour enquêter sur les circonstances de sa mort.
Source: Radio Isanganiro
mercredi 31 mars 2010
mardi 30 mars 2010
Des menaces de mort pèsent sur le président de la CEPI à Ruyigi
Un groupe de personnes qui se réclame du « Réseau de policiers et militaires » a adressé jeudi dernier un tract de menace de mort au président de la Commission électorale provinciale indépendante (CEPI) de Ruyigi, apprend-on du reporter de la coalition de la société civile pour le monitoring électoral(COSOME) dans cette province de l’est du Burundi.
Le même tract annonçait que les élections se dérouleront dans l’insécurité au cas où le ministre de la Sécurité publique et celui de la Défense nationale et des Anciens combattants ne décaisseraient pas l’argent qu’ils doivent aux agents de la police et aux soldats.
Ce tract a été trouvé, notamment, devant la porte de la résidence du vice-président de la CEPI et à la résidence du gouverneur de la province Ruyigi.
La police en a également récupérés quelques uns mais n’a pas voulu livrer le contenu à la presse alors que l’épouse du vice-président de la CEPI et un des policiers qui assurent la garde du gouverneur avaient déjà lu le message et noté le contenu.
Le commissaire provincial de police et le gouverneur indiquent que ce tract a été diffusé mais que le président de la CEPI, M. l’abbé Bernard Cubwa doit se tranquilliser parce que une stratégie pour sa protection est déjà arrêtée.
Pour eux, ceux qui ont lancé ce tract sont des policiers ou des militaire mécontents et indisciplinés dont le renvoi est envisagé.
Cependant, indique le gouverneur, le contenu de ce tract n’est pas à prendre à la légère surtout qu’il peut ne pas avoir été rédigé par ce réseau, mais par d’autres personnes dont l’intention est de révolter ces corps pendant la période électorale pour que la sécurité des centres de vote soit perturbée.
Source: COSOME
Le même tract annonçait que les élections se dérouleront dans l’insécurité au cas où le ministre de la Sécurité publique et celui de la Défense nationale et des Anciens combattants ne décaisseraient pas l’argent qu’ils doivent aux agents de la police et aux soldats.
Ce tract a été trouvé, notamment, devant la porte de la résidence du vice-président de la CEPI et à la résidence du gouverneur de la province Ruyigi.
La police en a également récupérés quelques uns mais n’a pas voulu livrer le contenu à la presse alors que l’épouse du vice-président de la CEPI et un des policiers qui assurent la garde du gouverneur avaient déjà lu le message et noté le contenu.
Le commissaire provincial de police et le gouverneur indiquent que ce tract a été diffusé mais que le président de la CEPI, M. l’abbé Bernard Cubwa doit se tranquilliser parce que une stratégie pour sa protection est déjà arrêtée.
Pour eux, ceux qui ont lancé ce tract sont des policiers ou des militaire mécontents et indisciplinés dont le renvoi est envisagé.
Cependant, indique le gouverneur, le contenu de ce tract n’est pas à prendre à la légère surtout qu’il peut ne pas avoir été rédigé par ce réseau, mais par d’autres personnes dont l’intention est de révolter ces corps pendant la période électorale pour que la sécurité des centres de vote soit perturbée.
Source: COSOME
lundi 29 mars 2010
Inquiétude avant le cycle électoral

Dissensions dans le parti au pouvoir sur la candidature à la présidence.
Envoyée spéciale à Bujumbura
La tension règne au Burundi, alors que doit commencer en mai un nouveau cycle électoral - les premiers "deuxièmes scrutins" de l’histoire du pays - avec des communales le 21 mai, des présidentielles le 28 juin, des législatives le 23 juillet, des sénatoriales (indirectes) le 28 juillet et des collinaires (les collines sont le plus petit territoire) le 7 septembre.
Les élections générales de 2005, qui sanctionnaient la fin d’une guerre civile de dix ans (qui se prolongea jusqu’en 2008 dans la province de Bujumbura rural), avaient donné une très nette victoire à l’ancienne guérilla hutue CNDD-FDD, au détriment du parti hutu pacifiste Frodebu, embourbé dans de nombreuses affaires de corruption.
Cette fois, on s’attend à un éclatement du paysage politique, et cela pour trois raisons : l’implication du parti au pouvoir, le CNDD-FDD dans de nombreuses affaires de corruption, lui aussi, l’entrée dans le jeu politique de l’ex-guérilla hutue FNL, dont les partisans passent pour avoir voté Frodebu en 2005 et l’émergence de nouveaux partis.
Ces derniers sont essentiellement l’UPD, dissidence du CNDD-FDD regroupant les partisans de l’ex-homme fort du parti, Hussein Rajabu, aujourd’hui détenu, ainsi que des intellectuels frustrés de n’avoir pas obtenu le poste qu’ils souhaitaient. Et le MSD de l’ancien journaliste vedette Alexis Sinduhije, qui s’est fait connaître en dénonçant les scandales de corruption relevés par une ONG qui s’est fait une spécialité d’enquêter sur ces sujets, l’Observatoire de la lutte contre la corruption et les malversations (Olucom), dont le vice-président a été tué il y a un an sans que la police ne trouve ses assassins.
Si beaucoup prévoient des résultats obligeant à former un gouvernement de coalition, tout le monde attend les élections communales de mai pour voir dans quel ordre se placeront les partis.
En attendant, la tension est notable. Beaucoup s’inquiètent ainsi des activités des mouvements de jeunesse du CNDD-FDD et du FNL, qui se sont déjà heurtés. Celui du parti au pouvoir annonce faire "du sport" - mais avec des gourdins et des chansons provocantes pour les partis rivaux; le porte-parole de la police a demandé publiquement qu’il soit "encadré", sans réaction du ministère de l’Intérieur, acquis au CNDD-FDD. Quant au FNL, il a combattu jusqu’en 2008 et on le soupçonne d’avoir gardé des caches d’armes.
Autre source de tension : la mésentente au sein du parti au pouvoir. Ce dernier est beaucoup moins populaire que le président Pierre Nkurunziza, un populiste pratiquement en campagne électorale - aux frais de l’Etat - depuis 5 ans. Alors que le chef de l’Etat s’attendait à être désigné automatiquement candidat à la présidentielle par son parti, un récent sondage au sein des instances dirigeantes du CNDD-FDD sur ce thème ne l’a placé qu’en 3è position, derrière le président du sénat, Gervais Rufyikiri, généralement apprécié, et celui du parti, Jérémie Ngendakumana. Du coup, le candidat officiel du parti au pouvoir n’est toujours pas connu et, selon la presse burundaise, M. Nkurunziza aurait menacé de créer son propre parti s’il n’était pas le candidat du CNDD-FDD.
Autre source de tension : les forces de l’ordre. La police, chargée de surveiller les scrutins, étant notoirement pro-CNDD-FDD, l’armée, considérée comme neutre (elle est formée de l’ancienne armée tutsie et plusieurs ex-mouvements rebelles hutus) a annoncé qu’elle participerait à la surveillance.
L’armée elle-même est secouée par des mouvements de revendication corporatistes, qui ont poussé le ministre de la Défense à mettre en garde : "Si cette crise perdure, cela peut précipiter ce pays dans le gouffre".
Source: La Libre Belgique.be
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