BURUNDI. RÉCLAMEZ LA LIBÉRATION D’UN JOURNALISTE
Jean-Claude Kavumbagu, rédacteur en chef de l'agence de presse en ligne Netpress, est maintenu en détention depuis juillet pour avoir laissé entendre que les forces de sécurité burundaises ne sont pas en mesure de défendre le pays. Il n'a pas été jugé et sa seconde requête de libération sous caution a été rejetée en novembre.
Le 12 juillet 2010, le lendemain d'attentats suicides commis à Kampala, en Ouganda, Jean-Claude Kavumbagu a publié un article dans lequel il mettait en cause la capacité des forces de sécurité burundaises à protéger le pays d'attaques terroristes. Les attentats en Ouganda ont été revendiqués par le groupe armé islamiste somalien Al Shabaab, qui a également menacé d'attaquer le Burundi en représailles de la participation du pays à la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM).
Dans son article, Jean-Claude Kavumbagu indiquait : "l'inquiétude était réelle à Bujumbura et tous ceux qui [ont entendu parler des attentats] hier à Kampala étaient convaincus que si les miliciens [d'Al Shabaab] voulaient tenter "quelque chose" dans notre pays, ils réussiraient avec une facilité déconcertante tellement nos forces de défense et de sécurité brillent plus par leur capacité à piller et à tuer leurs compatriotes qu'à défendre notre pays". Jean-Claude Kavumbagu a été arrêté le 17 juillet. Il a été interrogé sans la présence d'un avocat et accusé de trahison avant d'être envoyé à la prison centrale de Mpimba, à Bujumbura.
La trahison est un crime passible de la réclusion à perpétuité mais, aux termes du droit burundais, ce chef d'inculpation ne peut être appliqué qu'en temps de guerre. Jean-Claude Kavumbagu a également été inculpé de diffamation et de violation de la Loi burundaise sur la presse. Amnesty International le considère comme un prisonnier d'opinion, détenu seulement pour avoir exercé son droit à la liberté d'expression. Son incarcération pourrait nuire à l'exercice du droit à la libre expression au Burundi et pousser d'autres journalistes à s'autocensurer afin de se protéger de toute arrestation arbitraire et de tout placement en détention.
La demande de libération sous caution de Jean-Claude Kavumbagu a été rejetée le 6 septembre. Lors de l'audience en appel contre cette décision, qui a eu lieu le 9 novembre, la défense a argué que la violation de la Loi sur la presse et la diffamation ne justifiaient pas un placement en détention provisoire, et que la trahison n'était pas un chef d'accusation valable. Le 11 novembre, la Cour d'appel de Bujumbura a néanmoins confirmé la détention provisoire de Jean-Claude Kavumbagu. Le 6 décembre, ses avocats n'avaient pas reçu de copie du jugement et attendaient l'annonce de la date du procès.
La prison centrale de Mpimba est surpeuplée et insalubre, et les conditions de vie sont loin de respecter les normes internationales.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE AUX DESTINATAIRES CI-APRÈS (en français, en anglais, en kirundi ou dans votre propre langue) :
faites part de votre profonde inquiétude quant au fait que Jean-Claude Kavumbagu soit détenu pour trahison et diffamation en raison de ses critiques visant les forces de sécurité burundaises ;
exhortez les autorités à le libérer immédiatement et sans condition, car il s'agit d'un prisonnier d'opinion détenu seulement pour avoir exercé son droit à la liberté d'expression ;
rappelez-leur que le Burundi est partie à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples ainsi qu'au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et qu'il est par conséquent tenu de respecter le droit à la liberté d'expression.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 17 JANVIER 2011 À :
Président
Monsieur Pierre Nkurunziza
Président de la République
Présidence de la République, Boulevard de l'Uprona, Rohero I, BP 1870, Bujumbura, Burundi
Fax : +257 22 24 89 08
Formule d'appel : Monsieur le Président,
Ministre de la Justice et Garde des Sceaux
Madame Ancilla Ntakaburimvo
Ministre de la Justice et Garde des Sceaux
Ministère de la Justice et Garde des Sceaux, BP 1880Bujumbura, Burundi
Fax : +257 22 21 86 10
Formule d'appel : Madame la Ministre,
Copies à :
Procureur général de la République
Monsieur Elyse Ndaye
Procureur Général de la République
Parquet Général
BP 105
Bujumbura, Burundi
Fax : +257 22 27 30 53
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Burundi dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
--------------------------------------------------------------------------------
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Au Burundi, les médias sont particulièrement actifs et les journalistes continuent de critiquer le gouvernement malgré ses efforts pour les réduire au silence. Les autorités burundaises utilisent la détention provisoire prolongée et le harcèlement judiciaire et sont à l'origine de violations du droit burundais, notamment en matière de procédures, dans le but de restreindre la liberté d'expression de façon abusive. Le Burundi est partie à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, deux traités qui garantissent le droit à la liberté d'expression.
Le gouvernement burundais est particulièrement sensible aux critiques visant ses forces de sécurité. Le groupe armé islamiste somalien Al Shabaab a menacé d'attaquer le Burundi et l'Ouganda en représailles de la contribution de ces deux pays à la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM), une opération de maintien de la paix mandatée pour protéger les institutions du gouvernement fédéral de transition somalien. Les attentats du 11 juillet à Kampala, en Ouganda, revendiqués par Al Shabaab, ont tué 74 personnes qui s'étaient rassemblées pour regarder la finale de la Coupe du monde de football, et en ont blessé 70 autres.
Jean-Claude Kavumbagu a été arrêté le 17 juillet par le colonel David Nikiza, le commandant de la région ouest, qui lui a montré un mandat d'amener. Jean-Claude Kavumbagu a été accusé de trahison, définie par l'article 570 du Code pénal burundais comme suit : "tout Burundais qui, en temps de guerre [..], participe sciemment à une entreprise de démoralisation de l'Armée ou de la Nation ayant pour objet de nuire à la défense nationale". Jean-Claude Kavumbagu a également été accusé d'imputations dommageables (diffamation) aux termes de l'article 251 du Code pénal, ainsi que de violation de l'article 50 de la Loi de 2003 sur la presse (loi n° 1 025 de novembre 2003 régissant la presse du Burundi).
Le 30 juillet, Jean-Claude Kavumbagu a été amené devant le Tribunal de grande instance de la mairie de Bujumbura. Son avocat a demandé qu'il soit libéré sous caution, avançant que son placement en détention provisoire n'était pas requis au vu du droit burundais. Le tribunal ne s'est pas prononcé dans cette affaire à ce moment-là car l'un des juges avait été muté dans une autre juridiction deux jours plus tôt et avait attendu la date du procès pour informer le tribunal de sa mutation, ce qui a attiré les critiques de 10 organisations de la société civile qui se sont exprimées dans un communiqué conjoint. L'audience n'a pu reprendre qu'en septembre, après les vacances judiciaires du mois d'août.
La demande de libération sous caution de Jean-Claude Kavumbagu a finalement été entendue le 1er septembre. Le tribunal a rendu son jugement le 6 septembre, décidant que Jean-Claude Kavumbagu serait maintenu en détention afin de pouvoir être interrogé au cours de l'enquête. Lors de l'appel, qui a eu lieu le 9 novembre, la défense a réclamé la libération conditionnelle en arguant qu'aux termes du droit burundais, les deux chefs d'inculpation (violation de la Loi sur la presse et diffamation) ne justifiaient pas un placement en détention provisoire. Elle a également avancé que pour que Jean-Claude Kavumbagu soit accusé de trahison, le Parquet devrait annoncer que le Burundi était en guerre le 12 juillet. Le représentant du procureur général a reconnu que tel n'était pas le cas mais il a ajouté que c'était à la cour de décider. Le 11 novembre, la Cour d'appel de Bujumbura a néanmoins confirmé la détention provisoire.
Jean-Claude Kavumbagu a été considéré comme prisonnier d'opinion plusieurs fois, la plus récente datant de 2008 : il avait été accusé de diffamation. Il avait écrit dans un article que le coût engendré par le voyage du président Nkurunziza pour se rendre à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin avait entraîné des retards dans le versement du salaire de certains fonctionnaires. Il avait été maintenu en détention provisoire pendant sept mois avant d'être acquitté en mars 2009. Le procureur a fait appel et l'affaire n'est pas encore classée.
Source: Amnesty International
lundi 13 décembre 2010
vendredi 10 décembre 2010
Les informations du 9 décembre 2010
Sécurité
Assassinat du Cheik Hamza Congera à Buyenzi vers 4h du matin de ce jeudi.
Une personne du nom de Cheik Hamza Congera a été tuée par balles ce jeudi matin en commune urbaine de Buyenzi. La victime a rencontré ses assassins vers 4h du matin et a reçu trois balles alors qu’il se rendait à la mosquée. Des sources sur place indiquent qu’il serait victime de son appartenance politique à l’UPD-Zigamibanga. Et au sein de ce parti, c’est la consternation. Chauvineau Mugwengezo, secrétaire général de l’UPD, indique que c’était un homme qui ne mâchait pas ses mots. Et d’ajouter que sa mort serait liée aux mobiles politiques car, récemment, il s’est exprimé contre les propos du représentant de la Communauté Islamique du Burundi « COMIBU » qui prônait la fermeture des radios privées. Cheik Hamza Congera, âgé de 54 ans, encourageait toujours ses frères et sœurs musulmans à faire de longues études selon ces derniers. Lui, il avait fait ses études en Egypte pendant dix ans et trois ans en Mozambique. Il laisse deux veuves et huit enfants.
Nuit entachée des morts et des blessés dans les communes Busoni et Bwambarangwe à Kirundo.
Une vieille femme de 60 ans est morte ce mercredi poignardée par des bandits armés en commune Mbwambarangwe. Et dans cette même commune la même nuit, un homme a été tué par des gens inconnus qui lui ont lancé deux grenades dans sa chambre et en est mort arrivé à l’hôpital. Selon des sources administratives, ces tueries seraient liées aux conflits fonciers. Et en commune Busoni, un autre homme, âgé de 30 ans, a été retrouvé suspendu sur une corde et certains suspectent un suicide tandis qu’une autre personne a déterré une grenade qui a explosé alors qu’il labourait son champ. L’homme a été grièvement blessé et reçoit des soins au centre de santé Munyari.
Politique
Division des partis politiques autour du monument des martyrs de toutes les guerres qu’a connues le Burundi, érigé à Gitega.
Le monument national en mémoire des victimes de la barbarie humaine qu’à connu le Burundi, érigé dans la ville de Gitega au quartier Musinzinzira, est contesté par les politiciens de l’opposition en province de Gitega. Selon eux, ils n’ont pas été consultés en matière de construction de ce monument et son emplacement. D’après ces opposants, ce mémorial est prévu dans les Accords d’Arusha et des consultations devraient être menées pour se convenir sur son emplacement et sa forme. Ils accusent le parti CNDD FDD de s’être approprié seul son édification et menacent de ne pas participer à son inauguration. Quant à l’administrateur de Gitega, il dit ne pas connaître le coût des travaux de construction de ce même monument qui a été édifié par le ministère des Travaux Publics.
Superstition
Transfert ce jeudi de la revenante des morts, Jacqueline Mukandutiye, de Kirundo au Centre Neuropsychiatrique de Kamenge.
Jacqueline Mukandutiye, la mystique femme, originaire de la commune Gitobe, qui est réapparue vivante, 3 ans après sa mort, a été acheminée à Bujumbura ce jeudi après son passage au chef-lieu de la province de Kirundo à bord d’une camionnette de la documentation où une foule nombreuse, parmi elle des fonctionnaires, a accouru pour voir de leurs propres yeux la revenante. Selon Réverien Nzigamasabo, gouverneur de Kirundo, une chambre a été aménagée au Centre Neuropsychiatrique de Kamenge en Mairie de Bujumbura. Il ajoute qu’elle ne sera pas logée avec les malades mentaux et sera accompagnée par sa mère ainsi que de sa grande sœur, son mari ayant resté à Kirundo où il a signé une décharge à la province de Kirundo. Son hospitalisation sera assuré par des charismatiques du Foyer de charité de Bujumbura qui effectuent déjà une prière quotidienne pour, d’après eux, sa délivrance. Le gouverneur a précisé que son transfert a été effectué sur demande des hautes autorités du pays.
Le professeur prêtre Liboire Kagabo tente de donner une explication à la réapparition d’une femme à Kirundo trois ans après sa mort.
« La dernière réapparition trois ans après la mort d’une femme à Kirundo ne signifie pas le fait de ressusciter mais plutôt un phénomène lié probablement à la sorcellerie ou à l’anthropophagie. » C’est le point de vue du père Liboire Kagabo, professeur d’université. Ce dernier indique que le phénomène existerait déjà et est appelé « Gusimbura ». D’après lui, c’est le fait qu’une personne est déterrée dans sa tombe par des sorciers après une courte maladie d’ensorcellement. Ces derniers font manger de l’herbe leur victime en projetant de la manger plus tard. Selon le Père Liboire Kagabo, la personne peut échapper à ses bourreaux et retourner à la vie normale.
Bonne gouvernance
Incompréhension et demande d’enquêtes des habitants de Rumonge sur des taxes perçues au port de Rumonge et des projets de développement non réalisés.
La population de Rumonge demande qu’une série d’enquêtes soient menées notamment sur la nature des taxes perçues au port de Rumonge, sur le projet d’extension du courant électrique dans les quartiers de Kanyenkoko et de Birimba et sur l’utilisation des fonds destinés à la replantation de la palmeraie à l’huile de Rumonge. Cette demande de la population de Rumonge survient au moment où le monde entier célèbre la journée internationale de lutte contre la corruption et les malversations économiques.
Santé
Deuxième campagne de vaccination contre la poliomyélite dans tout le pays du 20 au 23 décembre 2010.
Docteur Olivier Kagabo, directeur du Programme Elargi de Vaccination «PEV», annonce la deuxième campagne de vaccination contre la poliomyélite en date du 20 au 23 décembre. Selon lui, cette activité vient renforcer l’immunité des enfants de moins de cinq ans contre le virus source de cette maladie. Durant cette période, le PEV associera les activités de « la semaine mère-enfant » où les femmes enceintes à partir du deuxième trimestre recevront le fer et seront déparasitées de même que les enfants de 1 à 14 ans. Docteur Olivier Kagabo remercie les parents d’avoir répondu massivement à la première vaccination qui s’est déroulée début novembre et demande de faire de même en date du 20 au 23 décembre.
Droits de l’homme
Célébration au Burundi de la journée internationale de la lutte contre la corruption et celle de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Vingt mois déjà viennent de s’écouler après l’assassinat d’Ernest Manirumva, Vice-président de l’OLUCOME. La commission d’enquête sur sa mort n’a pas encore donné la lumière sur les circonstances de sa mort. La société civile, qui animé une conférence de presse ce jeudi matin, s’inquiète toujours de ce retard de la publication du rapport de la commission ad-hoc. Rappelons qu’en cette date du 9 décembre, le monde entier célèbre la journée internationale de lutte contre la corruption et celle de l’anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Communication
Le directeur adjoint du CPJ, en visite au Burundi, prône la dépénalisation des délits de presse.
« Jean Claude Kavumbagu ne devrait pas passer un jour de plus derrières les barreaux. » Déclaration de Robert Mahoney, directeur adjoint du Comité pour la Protection des Journalistes « CPJ ». Dans un point de presse animé ce matin au terme de sa visite, Robert Mahoney dit qu’il y a vice de forme dans le cas de Kavumbagu d’autant plus que les autorités burundaises ont déclaré que le Burundi n’est pas en guerre. Rappelons que le journaliste est accusé de haute trahison dans son article paru dans Net Press où il donne ses observations sur la capacité des forces de l’ordre à contrecarrer les attaques des terroristes Al Shabab. Robert Mohoney prône également la dépénalisation des délits de presse au Burundi qui est déjà appliquée dans plusieurs pays africains. Contrairement à Cheik Kajandi qui a souhaité la fermeture des radios privées, le directeur adjoint du CPJ est convaincu plutôt qu’il ne peut pas y avoir de démocratie sans une presse indépendante et qui parfois fait des analyses.
Assassinat du Cheik Hamza Congera à Buyenzi vers 4h du matin de ce jeudi.
Une personne du nom de Cheik Hamza Congera a été tuée par balles ce jeudi matin en commune urbaine de Buyenzi. La victime a rencontré ses assassins vers 4h du matin et a reçu trois balles alors qu’il se rendait à la mosquée. Des sources sur place indiquent qu’il serait victime de son appartenance politique à l’UPD-Zigamibanga. Et au sein de ce parti, c’est la consternation. Chauvineau Mugwengezo, secrétaire général de l’UPD, indique que c’était un homme qui ne mâchait pas ses mots. Et d’ajouter que sa mort serait liée aux mobiles politiques car, récemment, il s’est exprimé contre les propos du représentant de la Communauté Islamique du Burundi « COMIBU » qui prônait la fermeture des radios privées. Cheik Hamza Congera, âgé de 54 ans, encourageait toujours ses frères et sœurs musulmans à faire de longues études selon ces derniers. Lui, il avait fait ses études en Egypte pendant dix ans et trois ans en Mozambique. Il laisse deux veuves et huit enfants.
Nuit entachée des morts et des blessés dans les communes Busoni et Bwambarangwe à Kirundo.
Une vieille femme de 60 ans est morte ce mercredi poignardée par des bandits armés en commune Mbwambarangwe. Et dans cette même commune la même nuit, un homme a été tué par des gens inconnus qui lui ont lancé deux grenades dans sa chambre et en est mort arrivé à l’hôpital. Selon des sources administratives, ces tueries seraient liées aux conflits fonciers. Et en commune Busoni, un autre homme, âgé de 30 ans, a été retrouvé suspendu sur une corde et certains suspectent un suicide tandis qu’une autre personne a déterré une grenade qui a explosé alors qu’il labourait son champ. L’homme a été grièvement blessé et reçoit des soins au centre de santé Munyari.
Politique
Division des partis politiques autour du monument des martyrs de toutes les guerres qu’a connues le Burundi, érigé à Gitega.
Le monument national en mémoire des victimes de la barbarie humaine qu’à connu le Burundi, érigé dans la ville de Gitega au quartier Musinzinzira, est contesté par les politiciens de l’opposition en province de Gitega. Selon eux, ils n’ont pas été consultés en matière de construction de ce monument et son emplacement. D’après ces opposants, ce mémorial est prévu dans les Accords d’Arusha et des consultations devraient être menées pour se convenir sur son emplacement et sa forme. Ils accusent le parti CNDD FDD de s’être approprié seul son édification et menacent de ne pas participer à son inauguration. Quant à l’administrateur de Gitega, il dit ne pas connaître le coût des travaux de construction de ce même monument qui a été édifié par le ministère des Travaux Publics.
Superstition
Transfert ce jeudi de la revenante des morts, Jacqueline Mukandutiye, de Kirundo au Centre Neuropsychiatrique de Kamenge.
Jacqueline Mukandutiye, la mystique femme, originaire de la commune Gitobe, qui est réapparue vivante, 3 ans après sa mort, a été acheminée à Bujumbura ce jeudi après son passage au chef-lieu de la province de Kirundo à bord d’une camionnette de la documentation où une foule nombreuse, parmi elle des fonctionnaires, a accouru pour voir de leurs propres yeux la revenante. Selon Réverien Nzigamasabo, gouverneur de Kirundo, une chambre a été aménagée au Centre Neuropsychiatrique de Kamenge en Mairie de Bujumbura. Il ajoute qu’elle ne sera pas logée avec les malades mentaux et sera accompagnée par sa mère ainsi que de sa grande sœur, son mari ayant resté à Kirundo où il a signé une décharge à la province de Kirundo. Son hospitalisation sera assuré par des charismatiques du Foyer de charité de Bujumbura qui effectuent déjà une prière quotidienne pour, d’après eux, sa délivrance. Le gouverneur a précisé que son transfert a été effectué sur demande des hautes autorités du pays.
Le professeur prêtre Liboire Kagabo tente de donner une explication à la réapparition d’une femme à Kirundo trois ans après sa mort.
« La dernière réapparition trois ans après la mort d’une femme à Kirundo ne signifie pas le fait de ressusciter mais plutôt un phénomène lié probablement à la sorcellerie ou à l’anthropophagie. » C’est le point de vue du père Liboire Kagabo, professeur d’université. Ce dernier indique que le phénomène existerait déjà et est appelé « Gusimbura ». D’après lui, c’est le fait qu’une personne est déterrée dans sa tombe par des sorciers après une courte maladie d’ensorcellement. Ces derniers font manger de l’herbe leur victime en projetant de la manger plus tard. Selon le Père Liboire Kagabo, la personne peut échapper à ses bourreaux et retourner à la vie normale.
Bonne gouvernance
Incompréhension et demande d’enquêtes des habitants de Rumonge sur des taxes perçues au port de Rumonge et des projets de développement non réalisés.
La population de Rumonge demande qu’une série d’enquêtes soient menées notamment sur la nature des taxes perçues au port de Rumonge, sur le projet d’extension du courant électrique dans les quartiers de Kanyenkoko et de Birimba et sur l’utilisation des fonds destinés à la replantation de la palmeraie à l’huile de Rumonge. Cette demande de la population de Rumonge survient au moment où le monde entier célèbre la journée internationale de lutte contre la corruption et les malversations économiques.
Santé
Deuxième campagne de vaccination contre la poliomyélite dans tout le pays du 20 au 23 décembre 2010.
Docteur Olivier Kagabo, directeur du Programme Elargi de Vaccination «PEV», annonce la deuxième campagne de vaccination contre la poliomyélite en date du 20 au 23 décembre. Selon lui, cette activité vient renforcer l’immunité des enfants de moins de cinq ans contre le virus source de cette maladie. Durant cette période, le PEV associera les activités de « la semaine mère-enfant » où les femmes enceintes à partir du deuxième trimestre recevront le fer et seront déparasitées de même que les enfants de 1 à 14 ans. Docteur Olivier Kagabo remercie les parents d’avoir répondu massivement à la première vaccination qui s’est déroulée début novembre et demande de faire de même en date du 20 au 23 décembre.
Droits de l’homme
Célébration au Burundi de la journée internationale de la lutte contre la corruption et celle de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Vingt mois déjà viennent de s’écouler après l’assassinat d’Ernest Manirumva, Vice-président de l’OLUCOME. La commission d’enquête sur sa mort n’a pas encore donné la lumière sur les circonstances de sa mort. La société civile, qui animé une conférence de presse ce jeudi matin, s’inquiète toujours de ce retard de la publication du rapport de la commission ad-hoc. Rappelons qu’en cette date du 9 décembre, le monde entier célèbre la journée internationale de lutte contre la corruption et celle de l’anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Communication
Le directeur adjoint du CPJ, en visite au Burundi, prône la dépénalisation des délits de presse.
« Jean Claude Kavumbagu ne devrait pas passer un jour de plus derrières les barreaux. » Déclaration de Robert Mahoney, directeur adjoint du Comité pour la Protection des Journalistes « CPJ ». Dans un point de presse animé ce matin au terme de sa visite, Robert Mahoney dit qu’il y a vice de forme dans le cas de Kavumbagu d’autant plus que les autorités burundaises ont déclaré que le Burundi n’est pas en guerre. Rappelons que le journaliste est accusé de haute trahison dans son article paru dans Net Press où il donne ses observations sur la capacité des forces de l’ordre à contrecarrer les attaques des terroristes Al Shabab. Robert Mohoney prône également la dépénalisation des délits de presse au Burundi qui est déjà appliquée dans plusieurs pays africains. Contrairement à Cheik Kajandi qui a souhaité la fermeture des radios privées, le directeur adjoint du CPJ est convaincu plutôt qu’il ne peut pas y avoir de démocratie sans une presse indépendante et qui parfois fait des analyses.
mercredi 8 décembre 2010
Burundi : Une ONG anti corruption sous la menace du gouvernement
Le gouvernement burundais a dénoncé publiquement les méthodes d'une association locale luttant contre la corruption, qui avait révélé la semaine dernière des malversations autour d'un contrat d'armement entre le Burundi et une société ukrainienne.
L'Observatoire de la lutte contre la corruption et les malversations économiques (Olucome) est en quête de popularité, a accusé lundi devant la presse le ministre en charge de la Bonne gouvernance, Jean-Baptiste Gahimbare.
Le ministre a mis en garde l'ONG sur ses responsabilités d'entrave au bon déroulement de l'instruction qui est en cours concernant ce dossier d'achat d'armes.
L'Olucome a dénoncé il y a deux semaines, une affaire de corruption portant sur trois millions de dollars à la faveur d'un contrat d'armement entre le Burundi et une société ukrainienne.
Ces malversations mettent en cause les ministres de la Défense et des Finances, le général Germain Niyoyankana et Clotilde Nizigama, ainsi que le chef d'état-major de l'armée le général Godefroid Niyombare et son adjoint le général Diomède Ndegaya.
Sur les sanctions préconisées par l'Inspection générale de l'Etat, le ministre de la Bonne gouvernance a expliqué qu'il doit d'abord diligenter "d'autres investigations, notamment d'ordre judiciaire".
L'Olucome a déjà révélé plusieurs scandales financiers dont la vente illicite d'un avion présidentiel en 2006.
Le vice-président de l'ONG, Ernest Manirumva, avait été tué à coups de couteaux en avril 2009. La société civile a accusé plusieurs responsables de la police d'avoir organisé cet assassinat toujours non résolu. L'actuel président de l'association a souvent été menacé de mort et a déjà été emprisonné à plusieurs reprises.
Le Burundi a été classé parmi les dix pays les plus corrompus au monde par Transparency international.
Source: AFP
L'Observatoire de la lutte contre la corruption et les malversations économiques (Olucome) est en quête de popularité, a accusé lundi devant la presse le ministre en charge de la Bonne gouvernance, Jean-Baptiste Gahimbare.
Le ministre a mis en garde l'ONG sur ses responsabilités d'entrave au bon déroulement de l'instruction qui est en cours concernant ce dossier d'achat d'armes.
L'Olucome a dénoncé il y a deux semaines, une affaire de corruption portant sur trois millions de dollars à la faveur d'un contrat d'armement entre le Burundi et une société ukrainienne.
Ces malversations mettent en cause les ministres de la Défense et des Finances, le général Germain Niyoyankana et Clotilde Nizigama, ainsi que le chef d'état-major de l'armée le général Godefroid Niyombare et son adjoint le général Diomède Ndegaya.
Sur les sanctions préconisées par l'Inspection générale de l'Etat, le ministre de la Bonne gouvernance a expliqué qu'il doit d'abord diligenter "d'autres investigations, notamment d'ordre judiciaire".
L'Olucome a déjà révélé plusieurs scandales financiers dont la vente illicite d'un avion présidentiel en 2006.
Le vice-président de l'ONG, Ernest Manirumva, avait été tué à coups de couteaux en avril 2009. La société civile a accusé plusieurs responsables de la police d'avoir organisé cet assassinat toujours non résolu. L'actuel président de l'association a souvent été menacé de mort et a déjà été emprisonné à plusieurs reprises.
Le Burundi a été classé parmi les dix pays les plus corrompus au monde par Transparency international.
Source: AFP
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