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vendredi 26 mars 2010

Congrès communaux du Cndd-Fdd: Une bagarre a éclaté



Les primaires qui sont organisés au sein des formations politiques de l'opposition ont poussé le parti présidentiel à se résoudre à organiser des primaires pour choisir ses représentants au niveau communal.

Le samedi 20 mars, pendant ces congrès communaux du parti Cndd-Fdd, la bagarre a éclaté dans la commune urbaine de Buyenzi entre les groupes rivaux au sein de ce parti dirigé par le président du Conseil des sages, le président Nkurunziza.

Les deux personnalités qui ont échangé les coups de points sont le sénateur Muhamed Rukara, vice président du conseil des sages de ce même parti et Jamal, le capitaine de l'équipe FC Haleluya, une équipe du président Nkurunziza.

La pomme de discorde est que ces deux personnalités veulent s'approprier le leadership du Cndd-Fdd dans la commune de Buyenzi et chacun veut positionner ses proches dans les instances de cette commune.

Selon une source au sein de ce parti, cela est dû à une crise profonde entre les membres du Conseil des Sages du Cndd-Fdd dont la majorité n'arrive pas à soutenir la candidature du président Nkurunziza.

Ceux qui vont représenter le parti Cndd-Fdd au niveau communal à Buyenzi, sont le sénateur Rukara, un certain Innocent (proche de Rukara) et Mr Iddi Kabano (aussi proche de Rukara), l'administrateur de la commune de Buyenzi.
D'après une source proche du sénateur Rukara, le président Nkurunziza a ordonné une surveillance policière car il est parmi ceux qui n'ont pas soutenu sa candidature au sein du conseil des sages du Cndd-Fdd.

Une autre bagarre a éclaté dans la commune urbaine de Kinama où le richissime Sion Nikobiri voulait s'imposer en tête de liste dans cette commune. Les membres de ce parti dans cette commune ont refusé ce diktat.

D'après nos sources, dans plusieurs communes du Burundi, ces dissensions se sont observées, beaucoup de ceux qui ont soutenu le congrès illégal du 07 février 2007 ne se sont pas retrouvés sur les listes communales.

Selon plusieurs analystes politiques burundais, techniquement, le parti Cndd-Fdd reste seulement avec ce weekend prochain pour organiser son congrès national où les membres de ce parti viendront applaudir le candidat qui sera « nommer », mais des sources proches de ce parti nous disent que ce congrès n'aura pas lieu, pourquoi:

1.le Cndd-Fdd attendait celui de l'UPD-Zigamibanga pour essayer de faire la différence, mais les cadres bagumyabanga sont aux abois, faire une différence n'est plus possible;
2.beaucoup de cadres bagumyabanaga exigent que leur candidat soit voté démocratiquement, mais cela ne sera pas à la faveur du commandant Pierre Nkurunziza et essaie d'utiliser son droit de veto en brandissant la libération de l'Honorable Radjabu pour lui remettre les rennes du parti dans l'objectif de faire peur ses adversaires au sein de cette formation politique.

Source: Burunditransparence

DECLARATION DES PARTIS POLITIQUES DE L’OPPOSITION AU SUJET DES MENACES LOURDES PESANT SUR LA SITUATION POLITIQUE ET SECURITAIRE ACTUELLE AU BURUNDI



Les partis politiques soussignés portent à l’attention de la communauté nationale et internationale ce qui suit :

1. Les faits

1. Depuis le début de l'année les partis signataires observent une recrudescence des scènes de violence ponctuées par des assassinats, les tentatives d'assassinat de leaders de l'opposition des faits et gestes d'intolérance posés par les membres du Parti CNDD-FDD comme en témoignent le cas d'assassinat des représentants de l'UPD à NYANZA-LAC et à GIHANGA, la tentative d'assassinat du député Charles NIYUNGEKO membre du CNDD, le dépôt des excréments humains devant la permanence du MSD à GISHUBI pour ne citer que cela.

2. De source bien informée, ceci serait le début de l’exécution d’un plan ourdi par le parti au pouvoir. Ce plan macabre aurait pour objectifs :

a. La déstabilisation des militants de l'opposition par des arrestations et des emprisonnements.

b. L’arrestation et l’assassinat des leaders actifs sur terrain des partis de l'opposition, surtout les cadres intermédiaires entre la base et la direction des partis.

c. La mutation de tous les chefs de poste de la police qui refuseraient d'appliquer ce plan.

d. L’organisation de fraudes massives aux élections en amont comme en aval

3. Au niveau politique, de nombreuses anomalies sont observées qui confirment que le parti au pouvoir, en perte de vitesse dans l’opinion nationale, entend tout faire pour frauder massivement les prochaines élections ou à défaut les rendre impossibles. En attestent les constats suivants :

a. Le débauchage, l'embauche abusif des agents publics à des fins politiques par les hautes autorités du pays. Nous en voulons pour preuve le cas des administrateurs des communes Mabanda, Nyanza-Lac et Vugizo ; ceci en violation des articles 188 et 192 du code électoral qui dispose qu’un conseiller communal qui démissionne de son parti ou est exclu de celui-ci perd automatiquement son mandat.

b. La multiplication des missions onéreuses à l’étranger pour que les bénéficiaires puissent ristourner au parti au pouvoir les reliquats des frais de missions délibérément gonflés.

c. L’assèchement du budget de l’Etat pour laisser à l’éventuel successeur des caisses vides et des problèmes sociaux insurmontables.

d. Les milices du parti au pouvoir IMBONERAKURE n’ont toujours pas été démantelées et continuent de semer le trouble et la terreur.

e. La hausse vertigineuse des cautions aux différentes élections pour décourager les moins nantis.

f. L'usage abusif des moyens de l’Etat pour mener une campagne prématurée et permanente, qui court pratiquement depuis 2005 : achat des consciences notamment par la distribution massive de dons d’engrais, de couvertures, de pagnes et d’argent ; le versement mensuel de grosses sommes d’argent à certains cadres du commandement des forces de défense et de sécurité.

g. L'usurpation des journées des samedis au profit de la campagne prématurée par le seul parti au pouvoir.

h. Le retard mis pour traiter la question de financement des partis politiques par l’Etat des élections et, en cas d’assistance extérieure, faire une répartition inéquitable ainsi que le montre la tendance à politiser l’aide sociale en cas de calamité ou de désastre.

B. La position des Partis d’opposition signataires de la présente

Au regard de tout ce qui précède, les partis d’opposition signataires :

1. Condamnent avec la dernière énergie les assassinats sélectifs et la tentative d’assassinat de l’Honorable Charles NIYUNGEKO et mettent en garde le gouvernement contre les graves conséquences qui vont résulter de toute récidive contre les leaders ou des membres militants des formations politiques de l’opposition.

2. Exigent qu’une enquête impartiale soit diligentée et que les coupables soient mis aux arrêts et jugés.

3. Exigent l’accès équitable des partis politiques aux médias publics dès lors que le parti au pouvoir est rentré de facto en campagne électorale prématurée.

4. Exigent la neutralité politique des forces de défense et de sécurité, singulièrement pendant les élections, la dissolution de toute milice et l’interdiction de toute manifestation paramilitaire des mouvements des partis.

5. Exigent la liberté immédiate de circulation pour les samedis.

6. Réclament le gel, à compter du 1er avril 2010, des missions non essentielles et ne figurant pas sur l’agenda international du Burundi.

7. Mettent en garde le gouvernement contre l’épuisement prématuré et le dépassement du budget de l’Etat.

8. Exigent la suspension de toute embauche politicienne non programmée et budgétisée préalablement.

9. Exigent que la CENI respecte strictement la loi électorale et prenne des sanctions exemplaires contre ses agents qui violent les droits des citoyens reconnus par la loi.

10. Recommandent à la CENI de prévoir dans son budget une rubrique pour le financement des partis mais aussi pour payer équitablement tous les mandataires.

11. Recommandent à la Communauté internationale, à l’Union Africaine, à l’Union Européenne et aux Etats–Unis, de prendre les mesures préventives nécessaires, en exerçant des pressions sur le pouvoir en place et en envoyant des observateurs aux élections dans les meilleurs délais.

12. Recommandent vivement la possibilité pour la communauté internationale ou un groupe d’institutions ou de pays amis du Burundi de contribuer au cautionnement électoral à travers un compte géré par la CENI qui le répartirait équitablement entre protagonistes en lice.

Burundi : HRW et APRODH s'inquiètent des lynchages avec la "complicité" des autorités

Au moins 75 malfaiteurs présumés ont été lynchés à mort par la foule en 2009 au Burundi, souvent avec la "complicité" des autorités, selon un nouveau rapport de Human Rights Watch (HRW), qui appelle le gouvernement à mettre fin à l'"impunité".

"Au Burundi, les attaques perpétrées par des foules contre de présumés malfaiteurs, souvent avec la complicité des autorités, ont conduit à au moins 75 meurtres en 2009", indique ce rapport de HRW, rédigé avec l'Association burundais pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH).

Selon ce document de 105 pages, intitulé "La ‘justice’ populaire au Burundi : complicité des autorités et impunité", "les autorités ont parfois été impliquées dans des meurtres par lynchage et des passages à tabac de présumés malfaiteurs (...)".

Elles ont également "facilité ces actes en mettant sur pied des comités de sécurité (...) qui opèrent en marge de la loi", explique le texte.

"Rares sont les cas de violence populaire qui ont donné lieu à des enquêtes ou des arrestations, et aucune de ces affaires n'avait encore abouti à une condamnation en février 2010", assure HRW, qui cite néanmoins des cas où des représentants de l'autorité ont cherché à s'interposer "au péril de leur vie".

Plus d'un quart des cas de "justice populaire" recensés dans ce document ont eu lieu dans la province de Ruyigi (est), avec 19 des 75 cas de lynchage enregistrés en 2009.

Pour HRW et l'APRODH, "le manque de confiance dans la police et dans l'appareil judiciaire, tous deux minés par la corruption, l'incompétence et le manque de moyens" sont parmi "les facteurs qui expliquent ce phénomène de "justice sociale".

"Les Burundais qui sont victimes d'un délit n'attendent aucune protection de la part de la police et aucune justice de la part des tribunaux", a estimé Pierre Claver Mbonimpa, le président de l'APRODH, en assurant qu'ils préfèrent donc "recourir à la force pour se protéger".

Il a appelé le gouvernement à prendre "des mesures urgentes".

Le Burundi, petit pays d'Afrique centrale qui sort de 13 ans de guerre civile, compte organiser à partir de mai une série de cinq scrutins dont une élection présidentielle et des législatives.